Contestation électorale à Akanda : Ntoutoume Ayi dénonce une «falsification ignoble» des résultats électoraux | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |

Contestation électorale à Akanda : Ntoutoume Ayi dénonce une «falsification ignoble» des résultats électoraux | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |

 

À la faveur d’une conférence de presse, ce lundi 29 septembre 2025 à Akanda, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, candidat de l’Union nationale (UN), a rejeté les résultats proclamés par la CNOCER, pointant un écart «significatif et inacceptable» avec les procès-verbaux des bureaux de vote. Il exige transparence, sanctions et rétablissement des chiffres qu’il estime conformes à la réalité.

Jean Gaspard Ntoutoume Ayi face à la presse, le 29 septembre 2025. © GabonReview

 

La tension post-électorale est montée d’un cran à Akanda. Au lendemain de la proclamation des résultats provisoires des élections législatives et locales, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, candidat de l’Union nationale (UN) et tête de liste dans le 2e arrondissement de cette commune du nord de Libreville, a ouvertement rejeté les chiffres annoncés par le ministre de l’Intérieur, agissant en sa qualité de président de la Commission nationale d’organisation et de coordination des élections et du référendum (CNOCER).

Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi 29 septembre 2025, l’ancien opposant au régime d’Ali Bongo a dénoncé une «falsification ignoble» des résultats, estimant que les chiffres officiels ne correspondent en rien à la réalité du scrutin du 27 septembre. Selon les données diffusées à la télévision nationale, le taux de participation dans le 2e arrondissement d’Akanda s’élèverait à 16,88 %. Ntoutoume Ayi y serait crédité de 870 voix, soit 21,10 %, derrière le candidat indépendant Franck Joseph Fernand Nguema qui aurait obtenu 879 voix. Ces deux candidats sont ainsi déclarés qualifiés pour le second tour.

Mais pour Ntoutoume Ayi, ces résultats ne reflètent pas le vote populaire. Le cadre de l’UN affirme que les procès-verbaux affichés devant les 54 bureaux de vote et remis aux représentants des candidats démontrent un tout autre scénario. Selon lui, le taux de participation réel s’élève à 29,66 %, et le classement diffère nettement : Pascal Franck Nze Ndong Nze, candidat de l’Union démocratique des batisseurs (UDB), arriverait en tête, suivi de Ntoutoume Ayi, tandis que Nguema serait relégué en troisième position.

Une dénonciation sans détour

Quelques participants à la conférence de presse. © GabonReview

«Il existe un écart significatif, inexplicable et inacceptable entre les résultats réels que nous venons de vous annoncer et ceux proclamés par le président de la CNOCER», a-t-il martelé, documents à l’appui. Pour étayer ses propos, le candidat de l’UN a mis à la disposition de la presse et du public les photos des procès-verbaux collectés sur le terrain.

Face à cette situation, Ntoutoume Ayi exige des mesures immédiates. Il appelle le président de la CNOCER à rectifier les résultats en conformité avec les procès-verbaux officiels, à nommer un nouveau responsable pour la présidence de la commission électorale locale, et à ouvrir une enquête administrative afin de déterminer les responsabilités. Plus encore, il souhaite la saisine du Procureur de la République pour que des poursuites judiciaires soient engagées contre les auteurs présumés de cette falsification.

«Nous attendons du président de la CNOCER qu’il annonce les résultats réels du scrutin du 27 septembre dans le 2e arrondissement d’Akanda», a insisté Ntoutoume Ayi, refusant de «s’associer de quelque manière que ce soit à une entreprise de manipulation des suffrages».

Préserver la crédibilité du processus démocratique

Pour l’opposant, l’enjeu dépasse sa propre candidature : il s’agit de préserver la crédibilité du processus démocratique et de renforcer la confiance des électeurs dans les institutions. «Il y va de la crédibilité de la démocratie que nous souhaitons construire», a-t-il affirmé avec gravité.

Cette sortie marque une nouvelle étape dans les contestations qui suivent régulièrement les scrutins du 27 septembre 2025. Elle met également à l’épreuve la capacité de la CNOCER à faire preuve de transparence et de fermeté face aux accusations. Dans un contexte de transition politique, où les attentes de la population en matière de gouvernance démocratique sont particulièrement fortes, la gestion de cette crise pourrait constituer un test décisif pour l’avenir du processus électoral.

En attendant une éventuelle réponse des autorités compétentes, l’affaire agite déjà l’opinion publique. Entre partisans de Ntoutoume Ayi convaincus d’une manipulation et défenseurs des résultats officiels qui appellent à respecter les institutions, la polémique ne fait que commencer.