FC Canon 105 : le cri du cœur de Joey Daouda après une élimination amère | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |

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L’élimination du FC Canon 105 dès le premier tour préliminaire de la Coupe de la Confédération CAF a laissé un goût amer dans le paysage footballistique gabonais. Battu 5-0 par Zesco United en Zambie après une victoire 2-0 à l’aller, le club d’Owendo a vu ses espoirs continentaux s’effondrer brutalement. Mais au-delà du score, c’est le traitement réservé aux joueurs qui fait aujourd’hui polémique, porté par le témoignage poignant de Joey Daouda, ancien joueur de l’équipe.

Des joueurs et des membres de l’équipe technique du FC Canon 105 avant leur élimination. © D.R.

 

«Tu te bats, tu fais des sacrifices pour sécuriser cette seconde place qualificative pour la CAF… et puis boom.» Dans une publication Facebook devenue virale ces dernières heures, Joey Daouda dénonce avec émotion les conditions extrêmes dans lesquelles les joueurs ont évolué la saison dernière. Au-delà de l’élimination du club dès le premier tour préliminaire de la Coupe de la Confédération CAF, la semaine dernière, l’ancien joueur du FC Canon 105 rappelle que cette formation n’avait pas atteint une qualification continentale depuis 15 ans, et que cette performance fut arrachée au prix de douleurs physiques, privations et dévouement total.

«J’ai joué avec le doigt cassé. À la veille du match contre USB, j’avais le palu. On m’a placé une perfusion au stade pendant que les autres s’entraînaient», raconte-t-il dans un récit saisissant selon lequel des joueurs étaient alignés malgré des blessures graves, des perfusions administrées en pleine préparation, des douleurs ignorées pour honorer le maillot. L’effectif réduit à 17 joueurs, dont seulement deux gardiens, obligeait chacun à jouer coûte que coûte.

Mais Joey Daouda ne parle pas seulement de lui. Il évoque également les souffrances endurées par ses coéquipiers, pères de famille, jeunes talents, tous unis par «l’amour du jeu» et la volonté de défendre une qualification jugée «historique» : «Un autre avait la cheville pétée et se faisait injecter chaque 2 jours… Sa fesse était enflée à force de se faire injecter.»

Presque toute l’équipe virée 

Pourtant, leur récompense fut brutale : 97% de l’effectif a été remercié, y compris les trois capitaines et toute la défense qui avait tenu la seconde phase du championnat. Or, défend-il, «nous étions les joueurs capables de ramener le club là où il n’a pas été depuis 15 ans. Mais selon eux, nous n’étions pas capables de défendre notre dû».

Pour justifier sa décision, la direction du club aurait évoqué le besoin de recruter de «meilleurs joueurs», une décision que Daouda qualifie de «mépris». Règlement de compte ou choix purement sportif ? Il s’interroge. L’ironie du sort, selon lui, réside dans l’élimination rapide du club, malgré le renouveau d’effectif.

Un revers qui va au-delà du FC 105

Cette élimination, couplée à celle de Mangasport en Ligue des champions CAF, révèle les failles structurelles du football gabonais : manque de préparation, instabilité des effectifs, précarité des joueurs. Le témoignage de Joey Daouda agit comme un électrochoc, mettant en lumière les sacrifices silencieux des footballeurs locaux.

Si son message se termine avec dignité, mais non sans amertume, celui-ci incarne le cri d’une génération de joueurs qui, malgré les blessures et les injustices, ont porté haut les couleurs de leur club. Un appel à la reconnaissance, à la réforme, et à une meilleure considération du football gabonais.