Vers une ville sans sachets plastiques : la DGCCRF va intensifier la sensibilisation au Gabon | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |

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La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) lance, du 15 au 30 octobre 2025, une vaste campagne de sensibilisation sur l’interdiction des sacs plastiques à usage unique. Une mesure destinée à lutter contre une pollution massive, qui mobilise désormais l’ensemble des acteurs économiques et les consommateurs.

La DGCCRF lance une campagne de sensibilisation sur l’interdiction des sacs plastiques à usage unique dès le 15 septembre 2025. © D.R.

 

Au Gabon, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) entend passer à une nouvelle étape dans la lutte contre la pollution plastique. Du 15 au 30 octobre 2025, cette administration mènera une vaste campagne de sensibilisation auprès des consommateurs et des opérateurs économiques sur l’interdiction d’utilisation des sacs plastiques à usage unique. Une mesure inscrite dans le cadre législatif national depuis septembre dernier et qui vise à répondre à un enjeu environnemental et sanitaire majeur.

Lors d’une rencontre avec la presse le 30 septembre 2025, la directrice générale de la DGCCRF, Élise Emmanuelle Ntsame Obame, a rappelé que «l’interdiction des sacs plastiques à usage unique est effective depuis le 23 septembre 2025, conformément à l’Ordonnance n°0012/PR/2024 relative à la lutte contre les pollutions plastiques, et à la Loi n° 009/2024 du 5 août 2024, qui en a consolidé les dispositions». Ces textes proscrivent désormais, sur toute l’étendue du territoire national, la production, l’importation, la commercialisation, la distribution, la détention et l’utilisation des sacs plastiques à usage unique, à l’exception de certains usages spécifiques liés à la santé, à l’agriculture ou à la gestion des déchets.

Environ 36 tonnes de plastiques à usage unique collectées au quotidien 

La directrice générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, Élise Emmanuelle Ntsame Obame. © D.R.

Selon la DGCCRF, la mesure répond à une situation préoccupante : environ 36 tonnes de plastiques à usage unique étaient collectées chaque jour à Libreville et dans ses zones périurbaines avant l’entrée en vigueur de l’interdiction. La majorité de ces déchets ne sont ni recyclables ni biodégradables, avec une durée de dégradation dépassant un siècle. Or, l’offre d’alternatives — tels que les sacs réutilisables ou biodégradables — demeure inégale, notamment dans les zones rurales.

Si les grandes surfaces appliquent déjà la loi en remplaçant les sachets plastiques par des solutions plus durables, la mesure reste encore largement ignorée dans les supérettes et petits commerces de quartier. C’est pour combler ce retard que la DGCCRF prévoit, dès le 15 octobre, une première phase de sensibilisation. L’objectif : informer les opérateurs économiques et les consommateurs sur l’interdiction, avant le lancement d’opérations de contrôle et de sanctions.

«Le souhait est d’arriver à une ville sans sachet plastique», a martelé Élise Emmanuelle Ntsame Obame. Pour la responsable, le combat ne se limite pas à la protection de l’environnement. Les sacs plastiques à usage unique représentent également «des risques pour la santé, la sécurité et même l’économie personnelle», en raison de leur contribution à la pollution locale et de leurs impacts sanitaires indirects.

Cette campagne s’inscrit dans un contexte de fortes préoccupations au Gabon autour de la prolifération des emballages plastiques jetables. Sacs, films alimentaires, bouteilles et barquettes sont omniprésents dans le quotidien des ménages. À Libreville, la consommation de ces produits était estimée à 36 tonnes par jour avant l’interdiction, un chiffre qui illustre l’ampleur du défi à relever.

Mise en place d’un dispositif de contrôle 

Pour assurer le respect de la loi, la DGCCRF prévoit de mobiliser ses brigades de surveillance ainsi que ses agences régionales. Les contrôles se déploieront non seulement dans les grandes surfaces et les marchés, mais aussi aux points d’entrée du territoire, notamment dans les ports et aéroports, où transitent souvent d’importantes cargaisons de produits plastiques interdits.

Au-delà des contrôles, le succès de cette politique repose sur la capacité à proposer des alternatives viables et accessibles. «La lutte contre les emballages plastiques à usage unique est un impératif de santé publique, de protection de l’environnement et de durabilité économique. Le respect de la loi du 5 août 2024 constitue une avancée majeure. Toutefois, des efforts restent à faire en matière de sensibilisation, de contrôle et de mise à disposition d’alternatives viables pour assurer une transition effective et équitable», a souligné la directrice générale.

À travers cette campagne nationale, le gouvernement espère impulser un changement durable des comportements et réduire significativement la pollution plastique. Une ambition qui, si elle se concrétise, pourrait faire du Gabon un modèle régional en matière de lutte contre les déchets plastiques et de promotion de modes de consommation responsables.