Bilan alimentaire Cemac : le Gabon veut muscler la souveraineté régionale | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |

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Lancé ce 8 décembre 2025 à Libreville par le ministre par intérim de l’Agriculture, Mark-Alexandre Doumba, l’atelier régional de formation sur la méthodologie d’élaboration des bilans alimentaires réunit pendant cinq jours plus de 70 experts de la sous-région. Organisée par la Commission de la Cemac, avec l’appui d’AFRISTAT et le financement de la Banque mondiale, la rencontre vise à doter les États membres d’un cadre harmonisé pour produire des statistiques fiables, indispensables à la planification publique et à la sécurité alimentaire.

L’atelier régional de formation sur la méthodologie d’élaboration des bilans alimentaires réunit à Libreville, pendant cinq jours plus de 70 experts de la sous-région. © GabonReview

 

Les travaux, axés sur la méthodologie révisée de la FAO et l’utilisation de l’application Shiny-FBS, permettront aux instituts nationaux de statistique et aux ministères techniques de mieux compiler, analyser et exploiter les données relatives aux disponibilités alimentaires. L’enjeu est majeur dans un contexte marqué par la volatilité des productions agricoles, l’augmentation des importations et les effets du changement climatique. « La thématique qui nous réunit aujourd’hui est d’une importance particulière pour la planification des politiques publiques. […] Disposer de données fiables sur notre situation alimentaire est une nécessité absolue », a déclaré le ministre Mark-Alexandre Doumba en ouvrant l’atelier.

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Pendant cinq jours, les participants issus des six États membres de la Cemac échangeront sur les composantes du bilan alimentaire production, commerce extérieur, pertes post-récolte, transformation, alimentation humaine et animale, usages industriels et variations de stocks ainsi que sur les mécanismes de coordination nécessaires à un système d’information cohérent. Des travaux pratiques porteront sur la structuration et la validation des données afin d’assurer leur conformité aux standards internationaux.

Pour le commissaire de la Cemac en charge des politiques économiques, monétaires et financières, Nicolas Beyeme Nguema, le renforcement des systèmes statistiques conditionne la réussite des stratégies régionales, notamment celle de l’import-substitution. « Les statistiques du bilan alimentaire sont au cœur de la sécurité alimentaire et de la souveraineté alimentaire. Cette ambition doit être réalisée en s’appuyant sur un socle statistique solide », a-t-il souligné, rappelant que la Cemac vise à réduire sa dépendance extérieure et à promouvoir les productions locales.

Au-delà de l’enjeu agricole, les intervenants ont insisté sur le caractère stratégique de la donnée dans la transformation économique de la sous-région. Mark-Alexandre Doumba a rappelé que « la donnée, c’est le nouveau pétrole », estimant que «la maîtrise de l’information déterminera les performances des pays africains dans un monde de plus en plus numérisé ». Il a également appelé à mieux exploiter le potentiel d’employabilité du secteur agricole, encore largement sous-utilisé malgré des niveaux d’importations élevés.

Les résultats attendus incluent une meilleure maîtrise de la méthodologie FAO, la mise en place de mécanismes de coordination entre les institutions nationales, l’adoption d’un cadre méthodologique harmonisé et l’élaboration d’une feuille de route pour la compilation des bilans alimentaires de référence. L’atelier doit surtout ouvrir la voie à la création d’un système régional intégré d’information alimentaire, outil central pour anticiper les risques, orienter les investissements et renforcer la résilience des États membres.

En consolidant les capacités nationales et en harmonisant les pratiques statistiques, la Cemac entend fournir aux gouvernements des données fiables leur permettant de mieux piloter les politiques agricoles et nutritionnelles. Pour les organisateurs, la rencontre de Libreville marque une étape déterminante vers la construction d’un dispositif communautaire capable d’éclairer les décisions publiques et de soutenir durablement la sécurité alimentaire dans l’espace Cemac.