Reportage Afrique – Gabon: les Librevillois privilégient la viande de bœuf à Noël au détriment du poulet quotidien

Reportage Afrique - Gabon: les Librevillois privilégient la viande de bœuf à Noël au détriment du poulet quotidien

Au Gabon, pays dont la population est en majorité chrétienne, les familles s’activent pour préparer le repas de Noël. Qu’en sera-t-il dans l’assiette des Gabonais ? Beaucoup n’apprécieraient pas le poulet surgelé, appelé « la star du congélateur », car c’est l’aliment omniprésent dans les congélateurs. Pour Noël, les familles gabonaises souhaitent manger de la viande de bœuf. Reportage au marché Mon Bouët, le marché central de Libreville.

De notre correspondant à Libreville,

Au marché central Mon Bouët de Libreville, au Gabon, Oucéni a le sourire aux lèvres. Ce commerçant a fait le stock de viande de bœuf. Son étal est bien garni. Les ventes ont considérablement augmenté, même si le pic n’est pas encore atteint. « C’est la période où tous les clients mangent de la viande. En décembre, on sait qu’on aura des clients. Il y a de l’espoir », se réjouit-il.

Trois rayons plus loin, Amidou, vendeur de poulet surgelé, fait la grise mine. Sa clientèle habituelle lui tourne le dos. « Nous, on est en baisse. Le poulet baisse. Il y a que la viande qui se vende en ce moment, ils ont trop mangé de poulet. Comme c’est la fête, ils veulent manger la viande. On attend que la fête se termine. Les ventes de poulet vont repartir comme d’habitude », analyse-t-il, résigné.

« La viande de bœuf une fois dans l’année, ça nous fera plaisir »

Pour Noël, plusieurs familles ont décidé de s’offrir un repas spécial. C’est le cas de Raïssa. « On en mange tous les jours. On essaie de changer un peu du poulet. La viande de bœuf une fois dans l’année, ça nous fera plaisir », explique-t-elle.

Héléna Josée, mère de huit enfants, imagine déjà comment elle concoctera son repas. « Je vais le faire bouillir avant de mettre la pâte d’arachide pour finir avec une bonne banane semi-mûre. Puis on va passer à table. Ce serait fantastique, du bon bœuf bien fait à la pâte d’arachide », détaille-t-elle avec délectation. Évoquant les futures effluves de son repas de Noël, elle s’en amuse : « Cela va attirer le voisinage. Cela veut dire : “Venez, il y a du bœuf aujourd’hui, pas du poulet. Joyeux Noël à tous !” »

Mais un problème demeure pour de nombreux ménages gabonais : le prix du bœuf, entre 4 500 ou 5 000 Francs CFA le kilo. Oucéni a l’explication : « Selon moi, c’est cher. Mais comment faire autrement, puisque le bœuf vient de l’étranger ? Ce n’est pas du bœuf du Gabon. Cela vient du Cameroun. C’est difficile parce qu’il faut d’abord qu’on aille le chercher au nord du Cameroun. Puis on doit dédouaner à Yaoundé avant que cela n’arrive ici au Gabon. »

À défaut de viande de bœuf, le poisson est l’autre aliment qui remplacera le poulet sur les tables lors des fêtes. Au Gabon, le repas de Noël doit être abondant pour accueillir toute la famille et les éventuels visiteurs imprévus.

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