Municipalité de Libreville : An 2026, cap sur rigueur budgétaire et justice sociale | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |

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À l’occasion de la présentation des vœux de nouvel an au chef de l’État le 8 janvier 2026, le Maire de Libreville, Pierre Matthieu Obame Etoughe, a décliné sa feuille de route pour l’année nouvelle. Entre modernisation administrative et décentralisation, l’édile répond indirectement aux vives préoccupations exprimées par le Syndicat libre des agents de la mairie de Libreville (Sylaml) sur la dignité des travailleurs et la fin de l’opacité managériale.

À l’occasion de la présentation des vœux de nouvel an au chef de l’État le 8 janvier 2026, le Maire de Libreville, Pierre Matthieu Obame Etoughe, a décliné sa feuille de route pour l’année nouvelle. © Communication présidentielle

 

Le contexte de ce début d’année 2026 est celui d’une normalisation institutionnelle. Après l’élection présidentielle ayant consacré Brice Clotaire Oligui Nguema, Libreville, à l’instar des autres municipalités du pays, doit désormais traduire l’esprit de la «5ème République» en actes de gestion quotidienne. Pour les agents municipaux, l’enjeu est de taille : rompre avec une «gestion approximative» dénoncée par Jeo-Fred Madouta, président du Sylaml, pour entrer dans une ère de «transparence et de responsabilité».

Face aux syndicats qui réclament le rétablissement de la légalité administrative, le Maire Pierre Matthieu Obame Etoughe a fait de la décentralisation son cheval de bataille. S’alignant sur la vision présidentielle, il affirme que celle-ci doit être « concrète, méthodique, progressive et inscrite dans la durée ». Loin d’être un simple transfert de charges, cette orientation vise à faire de la commune un véritable « levier de performance publique ».

Pour répondre aux griefs du Sylaml concernant le « bradage des biens de la commune », l’édile a annoncé des priorités claires pour 2026 : la lutte résolue contre la corruption et la promotion d’une gestion intègre ; la modernisation et la digitalisation de l’administration municipale pour garantir la transparence ; l’optimisation des ressources humaines, avec un accent mis sur le mérite et la compétence. Le maire a étendu ses priorités à des domaines transversaux tels que «la culture, du numérique, de l’innovation, de l’éducation, de l’employabilité et de l’entrepreneuriat des jeunes, du sport et du bien-être des populations». Ces orientations s’inscrivent dans la vision présidentielle de transformation nationale que Libreville entend incarner comme « miroir et moteur ».

Vers une « dignité retrouvée » pour les agents ?

Le discours du Maire semble faire écho aux opérations d’assainissement saluées par le syndicat, notamment le croisement des fichiers pour débusquer les agents fictifs. Pierre Matthieu Obame Etoughe insiste sur le fait que l’autorité « ne tire sa légitimité que du service rendu au peuple » et du respect de l’intérêt général.

Cette posture répond à l’appel du Sylaml pour une « dignité retrouvée » des agents de terrain, souvent confrontés à la précarité. Le syndicat attend désormais que ces intentions se traduisent par la mise en place de la nouvelle grille indiciaire et une gestion équitable des ressources, afin de mettre un terme définitif aux pratiques où des « caporaux devenaient des généraux » par le biais de passe-droits.

Perspectives 2026 : Le test de la crédibilité

L’année 2026 s’annonce comme un test majeur pour la nouvelle équipe municipale. Au-delà de la rhétorique de la refondation, le Sylaml, qui réaffirme sa « disponibilité à œuvrer dans un esprit de responsabilité », reste vigilant sur la concrétisation des actes. Pour les populations, les résultats devront être visibles dès le renforcement de l’assainissement et la protection de l’environnement urbain.

En somme, le succès de cette mandature reposera sur la capacité de l’Hôtel de Ville à concilier ses ambitions de développement territorial avec la restauration d’un climat social interne apaisé. La réussite de cette transformation conditionnera non seulement la crédibilité de la décentralisation, mais aussi la capacité de Libreville à jouer pleinement son rôle de locomotive des communes gabonaises.