Piraterie maritime : Jakarta accentue la pression sur Libreville après le rapt de quatre Indonésiens | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |
Alors que le Golfe de Guinée connaît une recrudescence d’insécurité, l’enlèvement de neuf marins dont quatre indonésiens au large d’Ékwata, dans les eaux gabonaises, dans la nuit du 10 au 11 janvier dernier, place la diplomatie gabonaise sous les projecteurs. Entre exigences de rançon et pressions parlementaires à Jakarta, l’enjeu est désormais d’obtenir une libération sans concession, tout en préservant l’image sécuritaire du Gabon.
Illustration de l’immeuble du Parlement de la République de l’Indonesian MPR Senayan, Jakarta. (Antara). © D.R.
L’incident, survenu samedi dernier, a visé le chalutier IB FISH 7 alors qu’il opérait dans les eaux territoriales gabonaises, au sud-est d’Ekwata. Selon des sources concordantes, des pirates somaliens auraient arraisonné le navire avant de prendre en otage quatre membres d’équipage indonésiens. Si le bateau a été libéré après un premier versement, une rançon de 500 000 USD est désormais exigée pour la vie des otages.
À Jakarta, l’émotion a laissé place à l’exigence politique. Mercredi 14 janvier, la Commission I du Parlement indonésien (DPR) a sommé son ministère des Affaires étrangères d’agir « rapidement et sans lenteur ». Syamsu Rizal, membre influent de ladite commission, a rappelé la doctrine de fermeté de son pays : «La sécurité des quatre ressortissants indonésiens doit être la priorité principale. Le gouvernement […] doit agir rapidement». Évoquant le précédent du MV Sinar Kudus en 2011, il a suggéré que des mesures spéciales pourraient être envisagées si la voie diplomatique piétinait.
Côté gabonais, le ministère des Affaires étrangères, dirigé par Marie-Edith Tassyah-Ye-Doumbénény, est à la manœuvre. La coordination s’intensifie entre l’ambassade d’Indonésie à Libreville, la Marine nationale et l’ANPN. L’objectif de Libreville reste constant : privilégier une issue négociée ou une intervention tactique pour éviter le paiement de rançons qui alimentent le cycle de la piraterie.
Cet incident vient toutefois ternir les efforts du Gabon en matière de sécurisation de ses « sanctuaires marins ». Au-delà du sort des otages, c’est la crédibilité du dispositif de surveillance maritime dans le Sud-Gabon qui est en jeu.
