SOS Pétroliers : quand la sous-traitance pétrolière crie «Ça suffit !» | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |

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Né samedi à Port-Gentil sur le modèle de SOS Éducation, le collectif SOS Pétroliers entend briser l’omerta d’un secteur accusé d’exploitation systématique. Entre défiance syndicale et convergence tactique avec l’ONEP, ce mouvement de travailleurs précaires pose une équation redoutable au pouvoir.

Samedi 17 janvier au siège de l’Onep à Port-Gentil : SOS Pétroliers entend redonner vigueur et crédibilité à un combat pour la justice sociale dans un secteur vital mais gangréné par l’opacité. © GabonReview

 

Le secteur pétrolier gabonais vient d’enfanter son propre mouvement de contestation. Le samedi 17 janvier 2025, depuis le siège de l’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP) à Port-Gentil, des travailleurs de la sous-traitance ont proclamé la naissance de «SOS Pétroliers», collectif façonné sur le modèle de SOS Éducation. L’objectif affiché transcende la simple revendication salariale : il s’agit de briser l’omerta d’un système accusé de «se sucrer» sur le dos des employés précaires.

Le mimétisme gagnant de la dissidence

Ce mimétisme organisationnel n’est pas fortuit. SOS Éducation, inspiré des gilets jaunes français, a démontré qu’un collectif sans leadership formel pouvait mettre l’administration sous pression. Son succès a manifestement fait école auprès de salariés «lassés des syndicats traditionnels, soupçonnés, à tort ou à raison, de collusion ou de corruption», comme le souligne Gabonactu. La défiance envers les structures syndicales classiques nourrit désormais une dissidence sectorielle qui se réclame de l’horizontalité et de l’intransigeance.

«Ça suffit !» : la rhétorique de la rupture

Les griefs sont connus : précarité chronique, non-respect du Code du travail, spoliation orchestrée par les sociétés de mise à disposition. Mais la rhétorique s’est durcie. «Les travailleurs sont épuisés, trahis, baladés par des promesses qui ne voient jamais le jour», martelaient déjà les initiateurs en novembre avant de lancer un «Ça suffit !» retentissant. Ce cri traduit l’épuisement d’une base ouvrière qui estime avoir essuyé trop de fins de non-recevoir.

L’ONEP, bien que n’ayant pas créé formellement le mouvement, s’en pose en appui stratégique. Sa promesse de «bouger» et son ultimatum – «si SOS Pétroliers ne fait rien, personne ne rentre» – révèlent une convergence tactique. Le collectif joue l’aiguillon, le syndicat structuré assure la colonne vertébrale. Ensemble, ils entendent «redonner vigueur et crédibilité» à un combat pour la justice sociale dans un secteur vital mais gangréné par l’opacité.

L’équation est désormais posée : SOS Pétroliers peut-il reproduire la percée de SOS Éducation ? La réponse dépendra autant de la cohésion de la base que de la résistance des intérêts en place.