Développement local : les maires du Gabon posent les bases d’une gouvernance locale refondée | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |

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Le bureau exécutif de l’Association des maires du Gabon (AMG) s’est réuni en session extraordinaire ce 29 janvier 2026. Entre quête de reconnaissance légale, défis financiers et gestion du capital humain, les édiles de 11 communes du pays entendent peser davantage dans le budget de l’État pour booster le développement de leurs localités.

Le bureau exécutif de l’Association des maires du Gabon réuni en session extraordinaire ce 29 janvier 2026, à Libreville. © GabonReview

 

Première réunion d’envergure depuis les élections locales, la session extraordinaire du bureau exécutif de l’Association des Maires du Gabon, tenue ce 29 janvier 2026 à Libreville, a rassemblé les onze maires des communes gabonaises autour d’un mot d’ordre : «Unis pour le développement des collectivités locales». Entre structuration institutionnelle, crise des ressources humaines et réformes financières courageuses, cette concertation marque une volonté de rupture avec les pratiques anciennes. Objectif : doter les communes d’outils de gouvernance efficaces pour répondre aux attentes des populations.

La rencontre, présidée par Pierre Mathieu Obame Etoughe, maire de Libreville, s’est articulée autour de quatre axes stratégiques. L’ordre du jour abordait la prise de contact entre nouveaux élus, les obligations statutaires financières des membres, l’inscription de l’association au budget de l’État et la désignation d’une commission des affaires économiques confiée au maire de Ntoum.

«Quelques mois après nos prises de fonction, il était important que les maires du Gabon se retrouvent dans le cadre de l’Association des Maires du Gabon pour définir un programme d’action, prioriser un certain nombre d’activités», a expliqué Pierre Mathieu Obame Etoughe. Le maire de la capitale a insisté sur un impératif financier : «Rappeler à l’ensemble des membres de pouvoir préparer dans le cadre de leur budget la cote-part qui est due au titre de l’association, parce que l’association fonctionne avec de la ressource».

Un constat s’impose toutefois : l’association n’a pas encore obtenu son statut légal. «Nous devons nous organiser pour que l’Association des Maires du Gabon soit retenue comme une association légale, ce qui n’est pas encore à l’heure du jour», a reconnu le maire de Libreville, pointant une anomalie administrative qui fragilise la structure.

Le défi du capital humain

Outre les finances, la question de l’expertise locale a dominé les échanges. Pour Fernand Paulin Joumas Dit Salamba, le diagnostic est limpide. Il a rappelé l’urgence de professionnaliser l’administration municipale. «L’un des premiers problèmes qui nous préoccupent aujourd’hui, c’est le problème de la ressource humaine. Ce problème, il est crucial», a-t-il martelé. «Les maires à eux seuls ne peuvent rien faire si nos communes ne sont pas dotées de la ressource humaine de qualité. La première des ressources, c’est la ressource humaine».

L’édile de Franceville propose une approche globale : «Ensemble, nous allons voir comment traiter des questions liées à la qualité des hommes, leur formation, leur grande carrière et leur recrutement». Des propositions concrètes ont été formulées, dont l’espoir est qu’elles « prospèrent » rapidement.

Au-delà des enjeux immédiats, cette session extraordinaire traduit une ambition plus large : transformer l’Association des Maires du Gabon en instance de coordination stratégique capable de peser dans le dialogue avec l’État central. L’inscription au budget national, évoquée à l’ordre du jour, témoigne de cette volonté d’institutionnalisation. Reste à transformer ces intentions en réalisations concrètes pour que l’union proclamée produise le développement promis.