Électricité importée : le Gabon doit 235 millions de FCFA à la Guinée équatoriale | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |
Un partenariat énergétique présenté comme exemplaire, mais fragilisé par des impayés persistants. D’après les révélations du média équato-guinéen Impacto SG, le Gabon n’a pas encore honoré la totalité de ses engagements financiers dans le cadre de l’électricité importée de Guinée équatoriale, laissant apparaître une dette de 235 millions de francs CFA.
Un moment de la mise en service du réseau d’interconnexion électrique entre le Gabon et la Guinée équatoriale, à Meyo Kyé, le 22 février 2025. © Communication gouvernementale Gabon
Un différend financier est en gestation entre le Gabon et la Guinée équatoriale autour de l’électricité importée. En tout cas, il sort progressivement de la zone grise diplomatique. Selon le média équato-guinéen Impactus EG, les autorités de Malabo ont confirmé l’existence d’un impayé de 235 millions de francs CFA dans le cadre de l’accord bilatéral d’interconnexion et d’approvisionnement en énergie liant les deux pays.
Dans un article publié dans sa rubrique Noticias, Impactus EG rapporte que «la République du Gabon maintient une dette d’environ 235 millions de francs CFA» malgré des paiements déjà effectués. Le dossier a été examiné lors d’une réunion tenue le 3 février 2026, présidée par Teodoro Nguema Obiang Mangue, le vice-président de la République de Guinée équatoriale, chargé de la Défense et de la Sécurité de l’État, en présence des responsables du ministère de l’Électricité conduits par Gervasio Engonga Mba, le ministre de l’Électricité et des Énergies renouvelables de la République de Guinée équatoriale.
Toujours selon Impactus EG, «le Gabon a effectué des paiements supérieurs à 270 millions de francs CFA par l’intermédiaire de la SEGESA», la société nationale d’électricité équato-guinéenne. Toutefois, ces versements partiels n’ont pas permis d’apurer la totalité de la garantie financière, fixée à 623 millions de francs CFA, laissant subsister un solde impayé substantiel.
Une créance encadrée, sous surveillance politique et technique
Face à cette situation, les autorités équato-guinéennes ont engagé une réponse à la fois technique et financière. Impactus EG précise qu’«une commission technique a été déployée sur le terrain pour vérifier l’approvisionnement en électricité du Gabon, via la sous-station de Modun», tout en évaluant l’état des infrastructures et en veillant à la formalisation des garanties prévues. Le vice-président a également exigé «la présentation de la facture liée à la réparation de la panne de l’usine de turbogaz» afin d’accélérer les règlements.
Sur le plan budgétaire, une décision structurante a été arrêtée : «l’ouverture d’un compte spécial destiné exclusivement aux paiements provenant de la fourniture d’électricité au Gabon», avec instruction formelle que ces fonds ne soient utilisés «en aucune circonstance autre que celle établie», souligne Impactus EG.
Signé le 8 février 2025 et mis en service le 22 février de la même année, l’accord d’exportation de l’électricité issue de la centrale hydroélectrique de Djibloho alimente aujourd’hui plusieurs villes du nord du Gabon. Un projet stratégique, à fort rendement économique, mais désormais fragilisé par une discipline financière jugée insuffisante par Malabo.
