AGOA 2026 : le Gabon exclu du programme américain malgré des échanges en hausse de 23% | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |

AGOA 2026 : le Gabon exclu du programme américain malgré des échanges en hausse de 23% | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |

 

Alors que le président américain Donald Trump a reconduit le 3 février 2026 l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) jusqu’au 31 décembre 2026 avec effet rétroactif, le Gabon figure parmi les pays africains exclus du programme cette année. Une éviction qui interroge au regard d’échanges commerciaux bilatéraux en nette progression, atteignant 426,2 millions de dollars en 2024, soit une hausse de 23,1% sur un an. L’ambassadeur Jamieson Greer a annoncé une modernisation du programme alignée sur la politique « America First ».

Pour le Gabon, le verdict du Bureau du représentant américain au commerce (USTR) est sans appel : le pays n’est pas éligible pour l’année 2026. Si le communiqué ne détaille pas individuellement les manquements, les critères de sélection rappellent les défis auxquels Libreville fait face. © GabonReview / Dall-E (Intelligence artificielle)

 

La décision est tombée par voie de communiqué officiel : le programme AGOA, pilier des relations commerciales américano-africaines, est reconduit jusqu’au 31 décembre 2026, avec un effet rétroactif au 30 septembre 2025. Cette extension ne s’accompagne toutefois pas d’un assouplissement. Au contraire, l’ambassadeur Jamieson Greer a souligné sa volonté de transformer le programme. «L’AGOA du XXIᵉ siècle doit exiger davantage de nos partenaires commerciaux et offrir un meilleur accès aux marchés aux entreprises, agriculteurs et éleveurs américains», a-t-il déclaré.

Pour le Gabon, le verdict du Bureau du représentant américain au commerce (USTR) est sans appel : le pays n’est pas éligible pour l’année 2026. Si le communiqué ne détaille pas individuellement les manquements, les critères de sélection rappellent les défis auxquels Libreville fait face. Entre exigences de réformes structurelles et alignement sur la doctrine «America First», l’économie gabonaise doit naviguer dans un contexte de durcissement des conditions d’accès au marché préférentiel américain.

Des critères d’éligibilité exigeants

L’AGOA offre aux pays éligibles un accès en franchise de droits pour plus de 1 800 produits, s’ajoutant aux 5 000 du Système généralisé de préférences. Les candidats doivent «établir ou progresser vers une économie de marché, le respect de l’état de droit, le pluralisme politique», «éliminer les obstacles au commerce américain» et «lutter contre la corruption et protéger les droits humains».

Le Gabon n’a pas été retenu pour 2026, une exclusion qui interroge au regard de la transition politique récemment achevée.

Un paradoxe commercial

L’inéligibilité du Gabon contraste singulièrement avec la dynamique positive des échanges bilatéraux. Les échanges de biens et de services entre les deux pays ont totalisé 426,2 millions de dollars en 2024, en hausse de 23,1% (80,1 millions de dollars) par rapport à 2023.

Le commerce de biens a atteint 342,2 millions de dollars en 2024. Les exportations américaines vers le Gabon se sont établies à 170,6 millions de dollars (-5,3%). En revanche, les importations américaines depuis le Gabon ont explosé à 171,6 millions de dollars, soit une hausse spectaculaire de 114,5% (91,6 millions de dollars) en un an.

Cette évolution a provoqué un retournement de la balance commerciale : le déficit américain s’est établi à 1,1 million de dollars en 2024, contre un excédent de 100,1 millions en 2023.

Dans le secteur des services, les échanges ont totalisé 84 millions de dollars. Les exportations américaines ont atteint 53 millions de dollars (-3,6%), les importations depuis le Gabon sont restées stables à 31 millions. L’excédent américain s’est établi à 22 millions de dollars (-12%).

Vers une modernisation « America First »

L’ambassadeur Greer a annoncé une refonte du programme. «Nous travaillerons avec le Congrès au cours de l’année à venir pour moderniser le programme et l’aligner sur la politique commerciale « America First » du président Trump», a-t-il affirmé.

Pour le Gabon, cette exclusion représente un manque à gagner significatif en termes d’accès préférentiel, dans un contexte où le pays cherche à diversifier ses partenariats. Les autorités de la transition devront démontrer des progrès tangibles sur les critères démocratiques et économiques pour espérer réintégrer le programme.