Amont pétrolier : À Port-Gentil, le secteur s’accorde sur la «sécurité des procédés» | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |

Amont pétrolier : À Port-Gentil, le secteur s’accorde sur la «sécurité des procédés» | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |

Prévenir l’irréparable. C’est tout l’enjeu de la Journée HSSE de l’amont pétrolier et gazier qui s’est tenue les 18 et 19 février à Port-Gentil. Entre retours d’expériences et exigences de conformité, opérateurs et autorités ont planché sur le «Process Safety Management», un rempart indispensable contre les catastrophes industrielles et environnementales.

Experts et opérateurs se sont mobilisés à Port-Gentil pour harmoniser les standards de sécurité industrielle. © Gabonreview

 

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La foire municipale Pierre Louis Agondjo Okawé a vibré, deux jours durant, au rythme des enjeux de haute criticité. Sous le thème central du «management de la sécurité des procédés», cette grand-messe de l’Hygiène, Sécurité, Sûreté et Environnement (HSSE) a réuni le gotha de l’industrie extractive gabonaise. L’objectif est clair : passer d’une sécurité réactive à une culture de l’anticipation absolue.

Si la sécurité au poste de travail (chutes, blessures légères) est désormais bien intégrée, la sécurité des procédés (PSM) s’attaque, elle, aux événements de faible probabilité mais à fort impact : explosions, fuites massives d’hydrocarbures ou pertes de confinement.

«Il est question de demander aux opérateurs de mettre un accent particulier sur la prévention des événements majeurs […] Ces événements ont des conséquences très dévastatrices», a martelé Corine Posso Raivire-Mamboundou, directrice générale de l’amont pétrolier et gazier. Pour la patronne du secteur, l’initiative ne sort pas du néant : elle est une réponse directe aux incidents ayant émaillé l’année écoulée, notamment l’accident de Becuna, qui reste dans tous les esprits comme un rappel à l’ordre sanglant.

L’intégrité des actifs au cœur des débats

Les panels ont permis de passer au crible les piliers du PSM. De l’analyse des risques (méthode HAZOP) à la gestion rigoureuse des changements (Management of Change), rien n’a été laissé au hasard. L’accent a été mis sur l’intégrité des équipements critiques, souvent mis à rude épreuve par le vieillissement des installations ou des défauts de maintenance.

Au-delà de la technique, les participants ont longuement débattu du leadership. La sécurité ne doit plus être perçue comme une contrainte administrative, mais comme un levier de performance. «La sécurité des procédés est l’ensemble des techniques et des règles nous permettant de garder nos installations en sécurité. Il est important que nous puissions renforcer nos mesures de contrôle pour que des incidents qui ont eu lieu ailleurs ne se reproduisent pas sur nos territoires», a insisté Egar Ognane, directeur général d’Assala Gabon.

Vers un standard commun

Dans un contexte de transition énergétique et de complexification technologique, la coopération entre les majors et l’administration devient stratégique. La remontée systématique des «presqu’accidents» et la transparence dans le reporting ont été érigées en priorités pour 2026.

En clôture des travaux, l’appel à l’action a été unanime : transformer les recommandations en plans concrets, dotés d’indicateurs de performance précis. Car dans l’amont pétrolier, le «zéro accident majeur» n’est pas qu’un slogan, c’est la condition sine qua non d’une exploitation responsable et acceptée par les populations locales.