Assemblée nationale : Biyoghé Mba propose l’augmentation des Commissions générales permanentes | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |
À la clôture de la législature exceptionnelle de l’Assemblée nationale de la Transition, l’ancien Premier ministre et député, Paul Biyoghé Mba, a livré une analyse approfondie sur la hiérarchisation des organes parlementaires. Il a insisté, le 13 novembre, sur la spécificité gabonaise, faisant remarquer que «l’organigramme de l’Assemblée nationale, et cela depuis la 8e législature, en 1990, place les groupes parlementaires après le bureau et avant les Commission générales permanentes». Ce qui soulève, selon lui, une incohérence dans l’ordre institutionnel.
L’ancien Premier ministre et député de la Transition, Paul Biyoghé Mba, s’exprimant devant le président de céans, Jean-François Ndongou, le 13 novembre 2025. © GabonReview
A l’occasion de la clôture, le 13 novembre dernier, de la législature consacrée à la Transition, à l’Assemblée nationale, la parole a été donnée à trois personnalités représentant les politiques, les corps habillés et la société civile ayant siégé au sein de la Représentation nationale. Il était question de recueillir leur témoignage sur les vingt-cinq mois passés à l’hémicycle. L’ancien patron de l’administration, Paul Biyoghé Mba, représentant les politiques en a donc profité pour évoquer l’organigramme de cette chambre du Parlement, qu’il appelle à réformer.
Augmenter le nombre de Commissions permanentes pour mieux répartir le travail parlementaire
D’emblée, il a indiqué que son analyse peut être discutable, vu que la situation varie selon les pays. Paul Biyoghé Mba a en effet mis l’accent sur l’importance des Commissions générales permanentes, qu’il qualifie de véritables moteurs du travail parlementaire. «Rien de bien consistant et durable ne peut en effet véritablement se fairesans elles», a-t-il indiqué dans son adresse devant le Vice-président du gouvernement, Alexandre Barro Chambrier.
Et de faire valoir que, contrairement aux groupes parlementaires dont les bureaux sont désignés de manière privée, les membres des bureaux des Commissions sont élus par tous les députés. Ce qui leur confère une légitimité plus large et une place centrale au sein de l’Assemblée. Il a, en outre, souligné que l’Assemblée nationale de Transition a abattu un travail considérable, un travail époustouflant, démontrant l’efficacité de cette structuration.
Recommandant une réforme de cet organigramme, Paul Biyoghé Mba a proposé que le Gabon s’inspire d’exemples étrangers comme celui des États-Unis, de l’Allemagne ou du Royaume-Uni, où les Commissions générales permanentes sont hiérarchisées avant les groupes parlementaires. Il a de même invité à augmenter le nombre de Commissions permanentes pour mieux répartir le travail parlementaire, en suggérant notamment de scinder la Commission des affaires sociales et de créer une Commission dédiée à la sécurité.
Une meilleure productivité et une gestion plus efficace des décisions
L’ancien Premier ministre d’Ali Bongo a enfin évoqué les effets positifs attendus de cette organisation qui sont une meilleure productivité et une gestion plus efficace des décisions, avec moins de groupes parlementaires, mais plus de Commissions. Pour lui, la Conférence des présidents gagnerait en efficacité et les députés, désormais au nombre de 145, pourraient mieux assumer leurs rôles.
Paul Biyoghé Mba a étendu sa proposition au Sénat. :«Ce que je souhaite pour l’Assemblée nationale est également valable pour le Sénat». A l’issue de son expérience dans cette phase historique de la Transition, l’ancien chef du gouvernement a remercié le président de la République et a appelé les députés de la 14e législature, première de la 5e République, à toujours penser «aux Gabonais et au peuple gabonais».
