CDC : les employés en alerte pour sauver l’institution de la banqueroute | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |

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Réunis en assemblée générale, les agents de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) ont déposé, ce 13 novembre 2025, un préavis de grève sur la table du directoire de l’entreprise à Rénovation. À l’origine de leur colère : une gouvernance jugée défaillante, des dérives managériales persistantes et une absence de dialogue avec la direction générale. Les syndiqués appellent les plus hautes autorités à intervenir pour éviter l’effondrement de cette institution financière publique.

La tension est montée d’un cran au sein de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC). Les agents, regroupés autour du Syndicat des travailleurs de la CDC (Sytra-CDC), ont décidé du dépôt du préavis de grève. © GabonReview

 

La tension est montée d’un cran au sein de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC). Ce jeudi 13 novembre 2025, les agents, regroupés autour du Syndicat des travailleurs de la CDC (Sytra-CDC), ont décidé du dépôt du préavis de grève. En cause : une gouvernance interne jugée « catastrophique » et des pratiques managériales qui, selon eux, mettent en péril la survie même de l’établissement.

Dans leur déclaration lue devant leur siège au quartier Rénovation à Libreville, les syndiqués ont dénoncé « un recul des activités génératrices de revenus, une stagnation du développement, une perte d’actifs, de crédibilité et de réputation ». Le syndicat accuse la direction générale d’avoir ignoré les alertes lancées depuis plus de deux ans et de s’être « obstinée dans le déni de la réalité ».

Le Sytra-CDC dresse un tableau préoccupant de la gestion actuelle. Il évoque notamment une hausse injustifiée de la masse salariale, une quasi-absence de recettes, des recrutements massifs non justifiés, des primes illégales perçues par le top management, ainsi que le non-respect du Code du travail et des dispositions relatives à la rémunération dans les établissements publics.

« Malgré nos alertes répétées, la direction générale n’a pas été coopérative. Au contraire, elle s’est enfermée dans le déni et le mépris des partenaires sociaux », a déclaré le porte-parole du syndicat, estimant que cette attitude a conduit à une crise sociale latente et à une perte des acquis historiques de la CDC, citant notamment la disparition du Fonds national de l’habitat (FNH) et la cession de certains terrains.

Un mouvement pour sauver l’emploi et l’institution

Les salariés affirment que leur démarche vise avant tout à préserver leurs emplois et à protéger l’avenir de la CDC, dont ils craignent la faillite à court terme. « Nous voulons défendre les intérêts matériels et moraux des employés, redorer le blason de la CDC et lui rendre ses lettres de noblesse », a poursuivi le porte-parole du Sytra-CDC.

Le syndicat assure rester attaché au dialogue, mais prévient que le mouvement se poursuivra « tant que la direction refusera d’engager des discussions sincères pour trouver des solutions aux revendications posées ». Les employés appellent également les autorités de tutelle à s’impliquer pour éviter un effondrement institutionnel susceptible d’avoir des répercussions sur l’économie nationale.

Dans un contexte où le ministère de l’Économie et des Finances a récemment annoncé une restructuration de la CDC, cette grève met en lumière l’urgence d’un audit de gouvernance et d’une révision des pratiques managériales. Le syndicat craint que la réforme ne se fasse « au détriment des travailleurs » si la transparence et la concertation ne sont pas garanties.

Avec cette mobilisation, les salariés de la CDC posent un débat de fond sur la responsabilité managériale et la transparence dans la gestion des établissements publics.