CEMAC : le Bureau d’Information sur le Crédit officiellement sur les rails | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |

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Le gouverneur de la BEAC a procédé, le 20 janvier 2026 à Douala, au lancement du Bureau d’Information sur le Crédit (BIC). Opéré par Creditinfo Central Africa, ce nouvel instrument vise à assainir le secteur bancaire de la sous-région et à faciliter l’accès aux financements pour les PME en réduisant l’asymétrie d’information.

Techniquement, le BIC se présente comme une base de données centralisée regroupant l’historique de crédit des emprunteurs, qu’il s’agisse de particuliers ou d’entreprises. © D.R.

 

C’est une petite révolution qui s’est opérée le mardi 20 janvier 2026 à Douala. Sous le haut patronage du gouverneur de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), les journées d’inauguration (du 20 au 23 janvier) marquent l’entrée en service effective du BIC-CEMAC. Conçu en partenariat avec la Société financière internationale (IFC) du groupe de la Banque Mondiale, cet outil devient désormais la plateforme de référence pour l’évaluation de la solvabilité dans la zone.

Techniquement, le BIC se présente comme une base de données centralisée regroupant l’historique de crédit des emprunteurs, qu’il s’agisse de particuliers ou d’entreprises. Le système permet de générer des scores de solvabilité et d’émettre des alertes sur les impayés, offrant ainsi aux banques et institutions de microfinance (MFIs) une visibilité sans précédent sur le profil de risque de leurs clients.

Débloquer le crédit pour les PME

Jusqu’à présent, le secteur bancaire de la CEMAC restait marqué par une frilosité importante, notamment envers les PME, souvent jugées trop risquées faute de données fiables sur leur passé financier. En rendant obligatoire la consultation de ce bureau pour tous les établissements de crédit via une plateforme numérique sécurisée, la BEAC espère briser ce plafond de verre.

L’enjeu est triple pour les économies de la sous-région : réduction des créances douteuses :(en identifiant mieux les mauvais payeurs) ; inclusion financière (en valorisant le « capital réputationnel » des bons emprunteurs) et la compétitivité (en fluidifiant l’octroi de crédits pour dynamiser l’investissement privé).

Un signal fort avant le sommet de Brazzaville

L’opérateur privé retenu pour cette mission, Creditinfo Central Africa S.A. (filiale de Creditinfo Group), a reçu son agrément officiel en novembre dernier. Son déploiement intervient à un moment stratégique, soit 48 heures avant le sommet des chefs d’État de la CEMAC prévu à Brazzaville le 22 janvier.

Dans un contexte de tensions monétaires et de nécessaire résilience économique, le BIC apparaît comme un gage de transparence et de modernisation du système financier régional. Il s’agit de la première initiative de cette envergure en Afrique centrale, alignant enfin la zone sur les standards internationaux de gestion du risque de crédit.

Cependant, si l’outil technique est désormais opérationnel, son succès dépendra de l’alimentation rigoureuse des données par les banques locales. Cette transparence accrue parviendra-t-elle à faire baisser significativement les taux d’intérêt, souvent prohibitifs pour l’entrepreneur gabonais ou camerounais ?