CEMAC : Suspension générale des activités faute de trésorerie | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |

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Face à une dégradation alarmante de ses finances, la Commission de la CEMAC a décidé de suspendre provisoirement l’ensemble de ses activités et missions. Dans une note circulaire datée du 5 février 2026, le président Baltasar Engonga pointe du doigt la défaillance chronique des États membres dans le recouvrement de la taxe communautaire d’intégration. Une décision drastique qui révèle l’ampleur de la crise traversée par l’institution sous-régionale.

Face à une dégradation alarmante de ses finances, la Commission de la CEMAC a décidé de suspendre provisoirement l’ensemble de ses activités et missions. © GabonReview / Dall-E (Intelligence artificielle)

 

La Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) traverse une zone de turbulences financières sans précédent. Dans une note circulaire adressée aux membres du gouvernement de la Commission, le président Baltasar Engonga annonce la suspension de toutes les activités et missions de l’institution, à l’exception de celles revêtant «une importance hautement stratégique».

Cette mesure d’urgence intervient dans un contexte préoccupant. «L’évolution des chiffres se rapportant à la situation de trésorerie régulièrement présentée par l’agent comptable central et par l’agent comptable de la Commission, tant pendant les sessions des Conseils des ministres de l’UEAC que lors des différentes réunions du Collège des commissaires, révèlent une dégradation continue de nos finances», déplore le président.

La situation est d’autant plus critique que les efforts déployés pour redresser la barre semblent avoir échoué. Lors des deux dernières sessions du Conseil des ministres, la Commission avait demandé l’organisation d’un dialogue franc avec les États membres. Une mission conduite par le vice-président devait sillonner les six pays de la Communauté pour sensibiliser sur l’urgence de la situation.

Mais les résultats tardent. «À ce jour, alors que la mission a déjà couvert quatre pays sur six, les effets escomptés de ladite mission tardent à être visibles», constate amèrement Baltasar Engonga. Plus alarmant encore, «la situation financière de la Communauté s’avère être aujourd’hui plus que préoccupante au point d’asphyxier le fonctionnement régulier des Institutions, y compris celui de la Commission».

Le président pointe directement la responsabilité des États membres dans cette débâcle. «Au regard de ce contexte, et tenant compte du très faible niveau actuel de la trésorerie disponible», écrit-il, la suspension devient inévitable en attendant «l’amélioration du recouvrement de la Taxe Communautaire d’Intégration (TCI)».

Cette taxe, censée alimenter le budget de l’institution, fait visiblement défaut. La défaillance des mécanismes de collecte révèle une fois de plus les difficultés structurelles de la CEMAC à faire respecter ses engagements par ses États membres.

Cette paralysie administrative intervient à un moment où la sous-région fait face à de multiples défis économiques et sécuritaires. La suspension des activités de la Commission risque de compromettre davantage les ambitions d’intégration régionale et de coordination des politiques économiques.

Reste désormais à savoir si les États membres prendront la mesure de l’urgence et accepteront de renflouer les caisses vides d’une institution dont ils ne cessent pourtant de vanter les mérites.