Cinéma gabonais : Van Mabadi ‘Bradock’, au-delà du dernier clap | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |
Réalisateur, acteur et scénariste originaire de Mouila, Van Mabadi, plus connu sous le nom de scène Bradock, s’est éteint le jeudi 20 février 2026 en France. Avec lui, disparaît l’une des voix les plus singulières et les plus ardentes du cinéma gabonais contemporain.
Van Mabadi Bradock, de son vivant. © D.R.
Van Mabadi, plus connu sous son nom de scène Bradock, s’est éteint le jeudi 20 février 2026 en France. Réalisateur, acteur, scénariste et producteur, il comptait parmi les figures actives du cinéma gabonais de ces dernières décennies, œuvrant avec constance pour la visibilité d’un secteur qui peine encore à s’affirmer sur la scène continentale.
© D.R.
Natif de Mouila, Van Mabadi s’était imposé dans le paysage audiovisuel national à travers une filmographie centrée sur des thématiques proches du quotidien africain : l’amour, la famille, le fantastique. On lui doit notamment «Vacances à plein-ciel» (2013), «Amour ou sentiment» (2013) et «Le Pacte de l’amour» (2016). Des productions qui, sans prétendre à une diffusion internationale massive, ont trouvé leur public et contribué, à leur échelle, à documenter les sensibilités et les réalités sociales de la société gabonaise contemporaine.
Son court-métrage «Le Poids du silence», primé dans un festival africain, avait par ailleurs permis à son travail de franchir les frontières nationales et d’obtenir une reconnaissance au niveau du continent ; une étape que Van Mabadi considérait comme essentielle pour la crédibilité du cinéma gabonais à l’extérieur.
À la télévision, il avait participé à la co-réalisation de plusieurs épisodes de la série «Parents mode d’emploi» et incarné le personnage de Bradock dans «Shanice», témoignant d’une capacité à évoluer aussi bien derrière que devant la caméra, et d’une polyvalence que ses pairs lui reconnaissaient volontiers.
Au fil de son parcours, Van Mabadi s’était également engagé dans la transmission de son savoir auprès des jeunes cinéastes, convaincu que le développement d’un cinéma gabonais durable passait avant tout par la formation et l’encadrement des nouvelles générations.
Les hommages se multiplient depuis l’annonce de son décès, émanant de ses pairs comme du grand public. Ils saluent unanimement un artiste discret, attaché à son pays et à ses récits, qui aura œuvré jusqu’au bout pour que le cinéma gabonais existe et soit vu.
Thecia Nyomba
