Clôture de l’Assemblée nationale de Transition : Paroles, témoignages et sentiments des députés | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |
Au terme de vingt-cinq mois d’activité, les députés de l’Assemblée nationale de la Transition ont livré, ce jeudi 13 novembre, leurs impressions lors de la clôture de cette session transitoire. L’ancien Premier ministre, Paul Biyoghé Mba, représentant les politiques, le membre de la société civile, Marcel Libama, le représentant des corps habillés, Romain Mouelé Mouelé, se sont tour à tour, succédé sur la tribune, pour apprécier cette session d’exception.
Clôture de l’Assemblée nationale de la Transition par Jean-François Ndongou, le 13 novembre 2025. © GabonReview
Exit l’Assemblée nationale de la Transition ! Bienvenue à la 14e législature dont le bureau sera connu, le 17 novembre prochain. Avant cette étape, le président de l’Assemblée nationale de la Transition, Jean-François Ndongou, a clôturé, ce jeudi 13 novembre, cette législature d’exception qui a duré près de 25 mois. Une occasion pour les représentants des différentes composantes de cette représentation nationale de s’exprimer et de témoigner de ce qu’a été cette Assemblée de Transition.
Trois personnalités ont donc été sur le pupitre au nom des corps habillés, de la société civile et des politiques.
«Les hommes avec un grand H, qui se parlent, ne s’entretuent pas»
Paul Biyoghé Mba souligne, après vingt-cinq mois d’assemblée transitoire, que l’atmosphère initiale était froide et distante, avec des relations «franchement mitigées» entre députés. Cependant, avec le temps, «les murs ont commencé à se fissurer» et «des amitiés, des partenariats, des complémentarités» se sont développés, car, «ce qui nous unit… est fondamentalement plus fort que ce qui peut nous diviser», a-t-il indiqué. Il a rappellé que «ceux qui vivent ensemble…ne sont pas obligés de s’aimer, mais ont l’obligation de s’entendre» et a insisté sur le fait que «les hommes avec un grand H, qui se parlent, ne s’entretuent pas».
L’ancien Premier ministre a de même critiqué la hiérarchisation actuelle de l’Assemblée nationale où «les groupes parlementaires [sont] après le bureau et avant les Commissions générales». Pour lui, «l’institution Assemblée ou Sénat ne peut jamais fonctionner sans Commission générale». L’expérience de l’Assemblée transitoire prouve que «les Commissions générales permanentes sont les véritables moteurs». Il a plaidé pour qu’on «augmente le nombre de Commissions à « neuf voire dix », notamment en séparant la Commission sécurité de la défense».
Unis par un même idéal
Représentant des forces de défense et de sécurité à l’Assemblée nationale de la Transition, Romain Mouelé Mouelé a exprimé sa gratitude envers le général de Brigade Brice Clotaire Oligui Nguema, leur «frère d’armes». Il a souligné que la participation des militaires dans le travail législatif visait à associer toutes les forces vives à la restauration des institutions. À leur arrivée, a-t-il dit, «nos relations avec nos collègues civils étaient vraiment des relations glaciales, des relations de méfiance». Il a laissé entendre que les civils les voyaient comme «des taupes», des espions du CTRI. Cependant, avec le temps, cette méfiance a disparu grâce à des «poignées de main, des sourires, des échanges…», et ils sont devenus un «groupement de représentants du peuple… unis par un même idéal». M. Mouelé Mouelé a conclu que cette expérience a été une école de concorde et de fraternité, et qu’elle marquera «très certainement d’autres militaires qui voudront faire leur carrière de députés».
«L’intérêt supérieur de la Nation doit se placer au-dessus des colorations politiques»
Pour la société civile au sein de cette Assemblée nationale de la Transition, Marcel Libama a relevé que le 30 octobre 2023, les députés ont «démarré leur mission citoyenne au sein de la Maison du peuple», passant de la rue à un cadre d’action légal. Il a rappelé que pendant deux années, l’hémicycle a été leur nouveau cadre légal d’action, associant «contestation et proposition». Le député de la Transition a insisté sur le rôle des députés qui est aussi d’obliger «les gouvernants… à prendre au sérieux nos questionnements». M. Libama a précisé que certaines revendications «ont été transformées opportunément en propositions de loi ou en amendements», visant à améliorer la vie des Gabonais.
Il a insisté sur le fait que «l’intérêt supérieur de la Nation doit se placer au-dessus des colorations politiques» pour favoriser l’essor du «Gabon nouveau». Malgré des désaccords et débats vifs, ces échanges ont enrichi le travail législatif. Comme les autres intervenants, il a remercié le président de la Transition et affirmé que «la défense de l’intérêt général… est une vocation de toute la vie».
