Commerce transfrontalier : le Gabon, partenaire marginal du Cameroun avec seulement 0,9% des échanges informels | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |

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Selon le rapport 2024 de l’Institut National de la Statistique du Cameroun sur le commerce transfrontalier informel, le Gabon occupe une place quasi insignifiante dans les flux commerciaux non enregistrés avec son voisin camerounais. Avec des importations de 2,31 milliards FCFA et des exportations de 3,30 milliards FCFA, le Gabon ne représente respectivement que 0,9% et 1,5% des échanges informels totaux du Cameroun. Un paradoxe au regard des 4 591 km de frontières terrestres que le Cameroun partage avec ses six voisins, et qui pose la question de la faiblesse structurelle des échanges économiques entre les deux pays francophones d’Afrique centrale.

Selon le rapport 2024 de l’Institut National de la Statistique du Cameroun sur le commerce transfrontalier informel, le Gabon occupe une place quasi insignifiante dans les flux commerciaux non enregistrés avec son voisin camerounais.© GabonReview / Dall-E (Intelligence artificielle)

 

Dans les zones frontalières du Sud du Cameroun, le ballet des marchandises ne s’arrête jamais, même loin des postes de douane officiels. Le dernier rapport de l’INS sur le commerce transfrontalier informel en 2024 révèle une hiérarchie claire des partenaires transfrontaliers. Alors que le Nigeria domine avec 66,5% des importations informelles (176,58 milliards FCFA) et que le Tchad capte 50,6% des exportations (108,83 milliards FCFA), le Gabon apparaît comme le cinquième partenaire sur six pays frontaliers.

Un solde commercial positif mais dérisoire

Le solde commercial bilatéral informel présente un excédent en faveur du Cameroun de 0,99 milliard FCFA en 2024. « Les flux avec le Gabon présentent un solde positif, bien que suffisamment faible, synonyme d’un impact limité sur la balance commerciale globale du Cameroun », constate l’INS. Cette situation contraste avec les autres partenaires. Le déficit avec le Nigeria atteint -111,73 milliards FCFA, tandis que l’excédent avec le Tchad s’élève à 37,13 milliards FCFA.

Des importations dominées par le riz et la volaille

Les importations camerounaises depuis le Gabon, évaluées à 2,31 milliards FCFA en 2024, affichent une « quasi-stabilité », oscillant « entre 2,2 et 2,4 milliards FCFA » depuis 2022. Le riz décortiqué domine avec 33,5%, suivi des viandes de volailles (28,1%) et des carburants (16,5%). «Ces produits, relativement bon marché dans ce pays voisin, viennent en appui à l’offre locale», précise le rapport.

Contrairement aux flux massifs avec le Nigeria (carburants à 33%, chaussures à 12,1%) ou le Tchad (bétail à 49,8%), l’offre gabonaise reste modeste : poissons frais (8,9%), pâtes alimentaires (5,2%), oignons (1,5%).

Des exportations agricoles en repli

Les exportations camerounaises vers le Gabon, bien que légèrement supérieures (3,30 milliards FCFA en 2024, soit +7,9% par rapport à 2023), demeurent marginales. Elles représentent à peine 1,5% des exportations informelles totales du Cameroun, contre 30,2% pour le Nigeria et 50,6% pour le Tchad.

La structure révèle une domination des produits agricoles : bananes et plantains (16,7%, malgré une chute de 51,4%), racines de manioc (9,5%), arachides non grillées (8,2%) et oignons (6,1%). «Ce paysage diversifié traduit une demande croissante du marché gabonais pour des denrées de base et des produits transformés locaux», note l’INS.

Toutefois, le rapport souligne « un recul significatif des filières traditionnelles ». Les exportations d’animaux bovins se sont effondrées, passant de 1,48 milliard FCFA en 2023 à seulement 0,13 milliard en 2024 (-90,7%). « Plusieurs produits de consommation courante, tels que la farine de blé et les vins, ont été marginalisés, avec des valeurs inférieures à 0,1 milliard de FCFA. »

Un paradoxe à élucider

Cette faiblesse interroge. Les deux pays partagent une frontière commune, mais les flux y transitant représentent seulement 4,8% des importations et 6,2% des exportations informelles du Cameroun. Plusieurs hypothèses : meilleure efficacité douanière, complémentarité économique limitée entre deux économies pétrolières, ou existence de circuits formels plus développés.

À titre comparatif, les importations informelles depuis le Tchad représentent 1 038,8% des importations formelles contre seulement 9,36% pour le Gabon. Un écart révélateur de réalités économiques radicalement différentes.