Démission des 18 ministres élus députés : EPG dénonce un «contournement manifeste» de la Constitution | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |

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Alors que dix-huit ministres ont quitté le gouvernement après leur élection à l’Assemblée nationale, Ensemble pour le Gabon dénonce une gestion anticonstitutionnelle des portefeuilles vacants et alerte sur des dérives dans l’organisation de la session inaugurale du Parlement.

Pour EPG, le pouvoir doit revoir sa démarche, a affirmé Aimé Mapangou, secrétaire général adjoint du parti.© GabonReview

 

Ensemble pour le Gabon (EPG), la formation politique cornaquée par Alain-Claude Bilie-By-Nze, hausse le ton. À la veille de la mise en place du bureau de l’Assemblée nationale, prévue ce 17 novembre, la formation politique dénonce ce qu’elle qualifie de «violations flagrantes» de la Constitution dans la gestion gouvernementale et parlementaire de ces derniers jours. Le contexte ? Dix-huit membres du gouvernement, élus députés à l’issue des législatives de septembre et octobre derniers, ont été contraints de démissionner conformément à l’article 73 de la Constitution, qui rend incompatibles les fonctions ministérielles et le mandat parlementaire.

Le 14 novembre, ces ministres ont officiellement remis leur démission au président de la République, chef du gouvernement. Mais la décision présidentielle ayant suivi est au cœur de la polémique. Plutôt que de procéder à un remaniement immédiat, le chef de l’État a choisi de confier l’intérim des ministères vacants aux membres restants du gouvernement. Une solution qu’EPG juge dépourvue de fondement constitutionnel. Selon le parti, l’intérim ne peut concerner que les cas d’empêchement temporaire, et non les départs définitifs provoqués par une incompatibilité constitutionnelle.

«Tout ministre démissionnaire devrait être remplacé immédiatement», insiste EPG, qui demande quelle disposition constitutionnelle autorise le recours à des intérims dans une situation aussi claire ? La formation politique s’alarme également des conditions annoncées pour la session inaugurale de l’Assemblée nationale. Le Secrétaire général de l’institution a informé les élus que la séance du 17 novembre, consacrée à l’élection du bureau, se tiendrait à huis clos. Une décision que le parti juge en «contradiction frontale» avec l’article 88 de la Constitution, qui affirme que les séances de l’Assemblée sont publiques.

Pour EPG, ces signaux traduisent une tendance préoccupante : celle d’un pouvoir exécutif qui adapte la Constitution aux besoins du moment. «La Constitution ne saurait être d’application aléatoire ou adaptable au gré des intérêts du moment», rappelle le parti, qui appelle d’une part à la nomination immédiate de nouveaux ministres pour remplacer les démissionnaires, et d’autre part à l’ouverture au public de la première séance de la nouvelle législature. «Le choix du régime présidentiel librement consenti par les populations comprend des exigences qui s’imposent à tous, et d’abord aux gouvernants», souligne le parti qui s’est exprimé par Aimé Mapangou, le secrétaire général adjoint du parti.