Du «pays juteux» à l’excuse permanente : Onanga Y’obegue démolit l’alibi de «l’héritage» | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |
Dans une tribune au scalpel, Ali Akbar Onanga Y’obegue dynamite la ligne de défense du régime post-transition. Le secrétaire général du PDG canal Loyal livre une démonstration chirurgicale : les «difficultés héritées» brandies pour masquer les échecs ne sont qu’un «écran de fumée». Contradiction fatale : comment invoquer un héritage catastrophique deux ans après avoir clamé que «le pays a de l’argent» et dépensé 63 milliards sans budget ? L’ancien ministre enfonce le clou : en se réfugiant derrière le passé, le CTRI ne critique plus Ali Bongo, «il auto-réfute sa propre légitimité initiale». Une charge frontale qui replace la responsabilité là où elle brûle : non dans l’histoire, mais dans les choix d’aujourd’hui.
Pour Ali Akbar Onanga Y’Obegue, gouverner, c’est assumer, pas accuser le passé. © GabonReview / Dall-E (Intelligence artificielle)
Dans une tribune publiée le 10 février 2026, Ali Akbar Onanga Y’Obegue signe une charge méthodique contre le pouvoir issu du 30 août 2023. Au cœur de son argumentaire : la dénonciation de ce qu’il appelle «la fable des difficultés héritées», qu’il assimile à «l’aveu d’impuissance d’un pouvoir sans projet».
Une contradiction originelle et des choix budgétaires contestés
L’ancien ministre rappelle que, dans les premières semaines de la transition, les nouvelles autorités affirmaient sans détour que «le pays a de l’argent», allant jusqu’à qualifier le Gabon de pays «juteux». Pour lui, cette déclaration initiale rend intenable la rhétorique actuelle des contraintes financières héritées.
Il souligne surtout que «le coup d’État du 30 août 2023 n’a jamais été justifié par une faillite financière de l’État». Les griefs avancés relevaient, écrit-il, de la «gouvernance défaillante» et de la «légitimité électorale contestée». «On ne peut pas réécrire l’histoire deux ans plus tard», martèle-t-il.
Pour étayer sa démonstration, Onanga Y’Obegue égrène plusieurs décisions prises après la prise de pouvoir : «Une distribution de 7 milliards de francs CFA à chaque province», soit près de 63 milliards au total, le lancement de la Cité de la Démocratie, l’augmentation du nombre de parlementaires ou encore certains recrutements et revalorisations salariales.
À ses yeux, ces engagements traduisent l’existence de marges financières réelles. «L’argent existait», affirme-t-il, mais aurait été «dépensé sans vision stratégique» et hors d’un cadre budgétaire strict. Il voit dans cette gestion la source d’une tension actuelle sur la trésorerie et les services publics. La multiplication des délestages constituerait, selon lui, une autre illustration d’une crise «fabriquée, non héritée», nourrie par une «gestion erratique» et des choix contractuels contestables.
La ‘’contradiction performative’’ et la question de la légitimité
Mais le cœur de sa charge est conceptuel. Il parle d’une «contradiction performative» : «Le coup d’État était présenté comme la solution. L’argument de l’héritage en est l’aveu d’échec.» Renverser un pouvoir au nom de la gravité des problèmes, puis invoquer ces mêmes difficultés pour expliquer l’inaction, reviendrait à «auto-réfuter sa propre légitimité initiale».
En contrepoint, Onanga Y’Obegue cite l’accession d’Ali Bongo Ondimba en 2009, estimant que celui-ci n’a «jamais transformé le passé en alibi permanent».
La conclusion du Dr. en droit privé, enseignant-chercheur à l’UOB est sans détour : «Un État moderne et responsable ne se gouverne pas par l’excuse.» Plus qu’un simple réquisitoire, la tribune se veut une mise en cause globale de la cohérence politique de la transition et post-transition, et de sa capacité à traduire la rupture proclamée en résultats tangibles.
