Eau et énergie : le diagnostic de Philippe Tonangoye et le cap pour les 100 jours | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |

Eau et énergie : le diagnostic de Philippe Tonangoye et le cap pour les 100 jours | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |

 

Invité de l’émission «Le Gouvernement s’exprime» sur Gabon 24, le 23 février, le ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, Philippe Tonangoye, a livré un diagnostic sans fard du secteur et dévoilé ses priorités pour les cent premiers jours du gouvernement. Ingénieur aguerri aux commandes depuis mai 2025, il érige l’accès fiable et équitable à l’eau et à l’électricité en piliers du projet présidentiel «Bâtissons un édifice nouveau».

Le ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, Philippe Tonangoyé, Philippe Tonangoye, face la journaliste de G24, Laetitia Ngalibika. © GabonReview/Capture d’écran

 

À la suite de ses prédécesseurs membres du gouvernement, le ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, Philippe Tonangoyé, était l’invité de la programmation de Gabon 24 intitulée «Le Gouvernement s’exprime». En charge des pans eaux et électricité, il se devait de présenter, à l’instar des autres membres de l’équipe gouvernementale, les priorités à réaliser dans les 100 prochains jours du gouvernement. Il pourrait avoir cinq projets phares à l’exemple de la réhabilitation de 36 forages dans le Grand Libreville, des réhabilitations de 600 adductions d’eau villageoises (AEV) dans plusieurs villages.

Un diagnostic lucide et un plan ambitieux 

Reconnaissant une «crise énergétique avérée et certaine» et un «stress hydrique important», malgré des ressources hydrologiques abondantes, le ministre appelle à traiter «le mal à la racine» par «du courage, de la détermination, mais aussi surtout des investissements massifs». 

«Nous avons beaucoup de ressources hydrologiques. Il n’y a aucun village qui n’a pas d’eau. Il y a aucun aucune ville qui n’a pas d’eau. Il y a aucune aucun chef-lieu de province qui n’a pas un cours d’eau. Mais, au robinet, on manque de l’eau», a-t-il fait noter avant d’indiquer que «cette situation se doit d’être résolue et, pour cela, il faut mettre en place un certain nombre de mécanismes, faire un état des lieux, qui a déjà été fait, et mettre en place un plan d’aménagement des infrastructures…».

  1. Tonangoye a de ce fait indiquer qu’un plan d’action, sur sept ans, mobilisera près de 2 000 milliards de francs CFA, soit environ 300 milliards par an, pour restaurer les infrastructures, la gouvernance et la distribution.

Cinq projets phares pour l’eau dans les 100 jours

«Dans les 100 jours, ce que nous avons prévu de faire : on a prévu cinq projets extrêmement importants dans le domaine de l’eau», a-t-il affirmé. Le ministre a dans ce contexte détaillé cinq initiatives concrètes, pour l’eau, visant le Grand Libreville et l’intérieur du pays. Il s’agira de la réhabilitation de 36 forages dans le Grand Libreville, de 600 adductions d’eau villageoises (AEV) dans plusieurs villages, de l’installation d’équipements de mesurage pour traquer les fuites, ceci d’autant plus que sur 100 m³ produits, seuls 30 m³ parviennent à Libreville. Et l’objectif est de remonter les niveaux des bâches du PK6 et du PK9 pour desservir 70 à 80% de la population qui se trouve à Libreville.

Il y aura de même le renforcement de l’alimentation en eau, la création de «brigades bleues» dans les 45 quartiers de Libreville, équipant de jeunes locaux (motos ou menu-casse) pour signaler rapidement les fuites via un call-center, face à des pertes de 70% (7 m³ sur 10 produits) et un taux de recouvrement de 40%. 

Extensions de réseaux, commandes massives pour l’énergie, réformes structurelles et lutte contre les fraudes

Du côté de l’énergie, les efforts cibleront l’extension des réseaux, en particulier le «dernier kilomètre» au nord de Libreville (cité des professeurs) et au sud (Grand Ntoum, Owendo, Alénakiri). Ces travaux bénéficieront également à 25 000 personnes à Ntchengué, 56 000 foyers au nord et 30 000 foyers (60 000 personnes) au sud.

Il a en outre annoncé qu’une commande urgente de 57 000 compteurs d’énergie et 60 000 compteurs d’eau a été passée, avec un délai de livraison de 2 à 3 mois, pour doper les ventes de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG). «Si elle n’a pas de compteur, elle ne peut pas vendre», a indiqué le ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie.

Maintenance SEEG inférieure à 10% ces cinq dernières années

Au-delà des cent jours, un chronogramme précis vise la séparation eau-énergie d’ici à janvier 2027 (50 semaines, 56 actions) et la création de trois pôles, à savoir celui du contrôle de la régulation, des infrastructures, de l’exploitation. Par ailleurs, 2 887 branchements directs frauduleux – incluant des cités casernes et des établissements publics/privés – feront l’objet de débranchements imminents par une brigade mixte (police, gendarmerie, SEEG). «La récréation est terminée», a martelé le ministre. 

À noter que 15 milliards de francs CFA ont été mobilisés récemment pour régler des créances, dont celles de KarPowerShip. Les victimes de coupures pourront réclamer des dédommagements via l’assurance responsabilité civile de la SEEG.

Ces annonces s’inscrivent dans un contexte de vétusté des infrastructures (réseau RIC de Libreville âgé de 50 ans, maintenance SEEG inférieure à 10% ces cinq dernières années) et de gouvernance défaillante passée (indemnités Veolia : 30 milliards ; emprunts : 60 milliards ; découvert : 80 milliards). Rendez-vous est pris dans cent jours pour un bilan exhaustif.