Élections controversées : l’appel d’EPR pour une instance électorale indépendante | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |
Dieudonné Minlama Mintogo, président du parti Ensemble pour la République (EPR) et ancien candidat à la présidentielle de 2016, s’est exprimé, ce 2 octobre, suite aux résultats controversés des législatives et des locales. Il déplore les nombreuses anomalies lors de ce double scrutin, regrettant que ses «doutes et réserves, concernant la capacité du ministère de l’Intérieur à organiser des élections apaisées et réellement transparentes, viennent malheureusement d’être confirmés».
Dieudonné Minlama Mintogo, président d’Ensemble pour la République (EPR). © D.R.
Avant le double scrutin législatif et local du 27 septembre dernier, le président d’Ensemble pour la République (EPR), Dieudonné Minlama Mintogo, indiquait que «l’enjeu est de taille, historique et stratégique». Il le disait d’autant plus qu’«au regard de la Loi électorale, plusieurs partis politiques risquent de disparaître à la fin de ce scrutin».
Après les résultats rendus par le président de la Commission nationale d’organisation et de coordination des élections et du référendum (CNOCER), par ailleurs ministre de l’Intérieur, le chef de file d’EPR, dans une autre tribune, ce 2 octobre, estime que la situation actuelle montre qu’il est «nullement aisé, au stade actuel de développement de notre démocratie balbutiante, d’être à la fois juge et parti»
«Tirer les conséquences de l’échec et de confier l’organisation des élections à un organisme indépendant»
Le président d’EPR souhaite qu’une leçon soit tirée de cet échec. Il rappelle que, depuis 1990, «les classes politiques et les sociétés civiles africaines, soutenues par l’Union africaine (UA), s’attellent à mettre en place des organismes indépendants en charge de l’organisation des élections pour éviter les crises électorales». Or, au Gabon, indique-t-il, «le nouveau régime aurait gagné à renforcer l’autonomie et l’indépendance du Centre gabonais des élections au lieu de se lancer dans une aventure périlleuse». Pour Dieudonné Minlama Mintogo, cette indépendance est essentielle pour garantir la crédibilité du scrutin et la stabilité du pays.
Face aux tensions actuelles, il appelle au courage politique. «Loin des polémiques, le courage politique impose aux gouvernants actuels d’organiser un audit du processus électoral en cours, de tirer les conséquences de l’échec et de confier l’organisation des élections à un organisme indépendant tel que recommandé par l’Union africaine», a-t-il suggéré.
Que «les Fondations de la Ve République soient bâties sur du roc et non sur du sable mouvant»
Sans cela, avertit-il, «toute autre option conduirait à la fragilisation de notre démocratie, à l’anéantissement des espoirs suscités le 30 août 2023 et à la désacralisation du coup de libération». Il rappelle que le mouvement populaire de cette date est né précisément «de la mauvaise organisation des élections» et souligne la nécessité que «les Fondations de la Ve République soient bâties sur du roc et non sur du sable mouvant».
Quelques jours avant le scrutin, le 26 septembre, Dieudonné Minlama Mintogo avait livré un message où il rendait hommage aux figures historiques de la démocratie gabonaise. Intitulé «Élections législatives et locales : que les partis historiques survivent !», ce message saluait «tous les fils et filles du Gabon qui ont œuvré, au prix de leur liberté et de leur vie, pour l’instauration du multipartisme et la démocratie dans notre pays». Il mettait ainsi en garde contre l’effacement de ces précieux acquis et insistait sur la nécessité pour les partis historiques de continuer à jouer un rôle dans la vie politique nationale.
