Élections : le vice-président réplique aux accusations et promet la reprise là où la loi l’exige | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |

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Le vice-président de la République récuse les accusations de fraude, annonce rappelle la reprise des scrutins dans certaines circonscriptions et appelle les opposants à «retrouver leur lucidité», tout en rappelant que les incidents signalés seront traités par la justice.

Séraphin Moundounga, le 29 septembre 2025 à Tchibanga : «Les auteurs, instigateurs de destruction du matériel électoral ou d’agression ou d’incitation à la violence ou encore d’autres infractions électorales répondront de leur acte conformément à la loi» © GabonReview (capture d’écran)

 

Au lendemain des législatives fort contestées du 27 septembre 2025, Séraphin Moundounga, vice-président de la République, a livré une défense vigoureuse du processus électoral. Sa déclaration est intervenue quelques heures seulement après la réunion d’urgence convoquée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema qui revenait d’Amérique, dès sa descente d’avion à Libreville, preuve que le sommet de l’État prenait la crise électorale très au sérieux. Depuis Tchibanga, le vice-président a affirmé que le scrutin s’était déroulé «dans la transparence et le calme dans 98 % des circonscriptions», tout en dénonçant les appels à la violence de certains responsables politiques. Sa prise de parole, à la fois ferme et nuancée, entend répondre aux multiples accusations de fraude qui secouent la scène politique.

Une transparence revendiquée

«Ces élections couplées législatives et locales ont enregistré un taux de participation de 53 % et se sont déroulées dans la transparence dans 98 % des circonscriptions électorales», a martelé Moundounga, insistant sur un processus «conduit et contrôlé par les différents organes électoraux» et «ouvert à l’observation électorale nationale et internationale». Le vice-président de la République a néanmoins reconnu «des cas isolés de dénonciations», invitant les partis concernés à saisir «les juridictions compétentes» et annonçant que «les auteurs de destruction de matériel électoral ou d’incitation à la violence répondront de leurs actes devant la justice». Deux affaires sont déjà placées «sous-main de justice», a-t-il précisé.

Le vice-président a salué «le sens de la réserve, de la promptitude et du professionnalisme de nos forces de défense et de sécurité», estimant que leur action a «contribué à pacifier ce scrutin» et prolonge «l’‘Essor vers la félicité’ entamé le 30 août 2023», date du coup d’État ayant ouvert la transition. Pour Moundounga, l’apprentissage démocratique est «un processus de longue haleine» et non «une construction en un seul jour».

Un rappel à l’ordre de l’opposition

Plus incisif, le vice-président a fustigé «l’intolérable» attitude de certains leaders, visant notamment «un ancien Premier ministre qui incite les gens à la violence, à la haine ou à la révolte». Il appelle ces personnalités à «retrouver leur entière lucidité et à faire preuve de sagesse», soulignant qu’«un bon démocrate est celui qui sait reconnaître sa défaite et féliciter le vainqueur». Séraphin Moundounga cite en exemple Moabi, sa propre localité, où «le scrutin a été annulé et reprendra conformément à la loi» pour montrer que «la démocratie rime avec l’État de droit». Il a également pris l’exemple de la ville de Ngouoni, «localité natale du président de la République, [où] le candidat de l’UDB, parti dont Brice Clotaire Oligui Nguema est le fondateur et le président, a été battu démocratiquement par un autre parti politique. L’UDB, s’en est félicité.»

En écho aux tensions post-électorales, cette déclaration vise à rassurer sur la crédibilité du processus tout en rappelant que «la loi est applicable à tous». Une réponse directe aux appels à l’annulation du scrutin, qui marque un nouveau tournant dans une transition politique déjà sous haute tension.