Fêtes, surconsommation et pénurie de gaz butane : une situation qui révèle un manque de proactivité | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |
La pénurie de gaz butane et de carburants qui frappe le pays depuis plusieurs jours, particulièrement dans le Grand Libreville, met une nouvelle fois en lumière les failles de la planification énergétique nationale. Selon le ministre du Pétrole et du Gaz, Clotaire Kondja, cette situation serait liée à une surconsommation observée durant les fêtes de fin d’année. Une explication qui peine à convaincre, tant le phénomène est récurrent et prévisible.
Faute de prévisions, le Gabon à nouveau frappé par une pénurie de gaz butane et de carburants à cause des fêtes de fin d’année. © D.R.
Un communiqué qui inquiète plus qu’il ne rassure. Le 7 janvier 2026, au journal télévisé de Gabon 1ère, le tout nouveau ministre a tenté de calmer les esprits en promettant que cette «situation temporaire» serait réglée «dans les plus brefs délais». Mais loin d’apaiser, ses propos ont suscité scepticisme et colère sur les réseaux sociaux. Car attribuer la pénurie à la seule surconsommation des ménages et des automobilistes revient à pointer du doigt les usagers, sans répondre à la question centrale : pourquoi la Société gabonaise d’entreposage de produits pétroliers (SGEPP) et les marketeurs ne prévoient-ils pas ces pics saisonniers ? Pourquoi font-ils preuve d’autant d’incapacité chronique à anticiper ?
Créée il y a 58 ans, la SGEPP, dont la mission est de stocker les hydrocarbures liquides et le gaz butane pour le marché national, semble en effet incapable de prévenir ces ruptures d’approvisionnement qui surviennent presque toujours à la même période. Quant aux marketeurs, leur silence sur la question des prévisions interroge. Naviguent-ils à vue, au risque de plonger chaque année les ménages dans l’angoisse de la pénurie ?
Une réunion de crise en urgence
Face à la grogne, Clotaire Kondja a convoqué mercredi une réunion de crise avec les acteurs de l’aval pétrolier et gazier. Objectif : trouver des solutions durables à cette situation jugée «agaçante» par de nombreux consommateurs. Le ministre a instruit la SGEPP et les marketeurs de renforcer leurs capacités de production et de distribution sur l’ensemble du territoire national, selon le communiqué officiel.
En attendant des mesures concrètes, les ménages et automobilistes continuent de subir les conséquences de cette nouvelle «carence». Au-delà de l’urgence, cette crise révèle surtout un manque de proactivité et de stratégie des acteurs du secteur, incapables d’anticiper une demande pourtant cyclique.
