Foncier à Meyang-Mfoulayong : PH Travaux Publics lève le voile sur les dessous du projet | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |
Accusée de spoliation et d’opacité dans un récent article de presse, la société PH Travaux Publics (PH-TP) sort de son silence. Entre contrat de délégation de service public, impératifs sociaux dictés par la Présidence et gestion des occupations illicites, Pierre Hendrix Ondo Ndong, responsable de l’entreprise, apporte des clarifications sur le chantier de lotissement de Mfoulayon à Ntoum. Un exercice de transparence qui vise à dissiper le flou artistique entourant cette opération de 42 hectares.
Vue aérienne du vaste projet de lotissement à Meyang-Mfoulayong, dans la commune de Ntoum, piloté par la société PH Travaux Publics / PH Immo, sur 42 hectares. © PH Travaux Publics
Au cœur de la polémique, la nature du lien entre l’État et l’opérateur privé. Contrairement aux soupçons de «nébuleuse», Pierre Hendrix Ondo Ndong précise que sa structure agit sous le sceau de la légalité. «La société que je dirige, PH- Travaux Publics, a une convention signée en bonne et due forme avec le ministère de l’Habitat», affirme-t-il, soulignant qu’il s’agit précisément d’un «contrat de délégation de services publics».
© PH Travaux Publics
Le modèle économique est clair : l’État, propriétaire du terrain mais dépourvu de ressources immédiates pour l’aménagement, mandate un partenaire privé pour viabiliser l’espace. Ce dernier se rémunère via les frais de réservation et d’attribution. «PH ne peut pas céder les parcelles puisqu’il n’est pas propriétaire. L’État étant propriétaire […] c’est la direction générale du patrimoine d’État qui est habilitée à faire les actes de cession», martèle le responsable.
Le «prix social» : une exigence de la Transition
Initialement fixée à 4 millions FCFA après études techniques, la parcelle est aujourd’hui cédée à 2,5 millions FCFA. Ce rabais n’est pas un choix commercial, mais une réponse à la pression du Chef de l’État pour favoriser l’accès au logement. Le ministre de l’Habitat ayant en effet fait savoir que «le Chef d’État l’avait interpellé en plein conseil des ministres pour lui demander de […] faire le même prix qu’à Igoumi, donc à 2,5 millions». Pour compenser ce manque à gagner, un accompagnement de l’État sur le déboisement a été négocié pour abaisser les coûts de production.
Sur les 42 hectares concernés, PH-TP reconnaît la présence d’occupants, mais conteste leur légitimité juridique. Le site ferait l’objet d’un «trafic» foncier orchestré par un groupuscule local. «Il y a un groupuscule de personnes qui ne dépassent même pas cinq, qui ont été impliquées dans la vente de terres», dénonce M. Ondo Ndong.
Loin des accusations de destruction massive, l’entreprise prône une politique d’intégration : plus de 30 familles déjà installées ont été intégrées au projet final ; l’identification des plantations a été validée par le ministère de l’Agriculture ; les réclamations tardives sont souvent basées sur des plans de délimitation postérieurs à la mise à disposition du terrain (novembre 2024 contre septembre 2024 pour la société).
Transparence administrative et financière
Face aux doutes sur le reversement des fonds, PH-TP assure que tout est documenté. Le plan de recollement et la liste exhaustive des réservataires ont été transmis à l’ANUTTC pour le traitement des titres fonciers. L’entreprise soutient avoir transmis même «pour ceux qui n’ont pas soldé […] il faut le rendre vraiment accessible». Elle a autorisé des paiements échelonnés sur 5 mois pour renforcer l’aspect social.
Enfin, concernant l’injonction d’arrêt des travaux évoquée par les riverains, Pierre Hendrix Ondo Ndong rectifie : une réunion avec le Délégué Spécial a conclu que la société possédait tous les documents requis. L’invitation à stopper temporairement les machines en août dernier était une mesure de « sensibilité politique » et non une sanction juridique.
L’enjeu est désormais de parachever ce projet de 2120 parcelles pour répondre à la demande croissante des Gabonais, tout en assainissant un foncier local gangréné par les ventes illégales.
