Gab Pêche : face à la polémique, les coopératives dénoncent de fausses accusations | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |

Gab Pêche : face à la polémique, les coopératives dénoncent de fausses accusations | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |

 

En raison de voix discordantes venant de certains membres du projet «Gab Pêche», lancé il y a à peine deux mois, le Collectif des coopératives bénéficiaires de cette initiative a fait une déclaration ce mardi 7 octobre. Yents-Kumbe et Marcel Edou Ndong, responsables des pêcheurs et porte-parole de ce collectif, ont apporté des éclaircissements sur cette controverse sur les réseaux sociaux concernant les activités et le fonctionnement du projet. Ce, d’autant plus que Gab Pêche est le fruit d’un travail collectif impliquant toutes les coopératives membres du Groupement d’intérêt économique (GIE).

Les membres du Collectif des coopératives bénéficiaires de Gab Pêche, face à la presse, le 7 octobre 2025, à Libreville, au Capal. © GabonReview

 

À la faveur d’une déclaration ce mardi 7 octobre, à Libreville, Yents-Kumbe, président de la coopérative équatoriale des pêcheurs du Gabon (Cepeg) et responsable des pêcheurs au sein du projet Gab Pêche, et Marcel Edou Ndong, président de la coopérative Bambouchine (Copeb) et porte-parole du Collectif des coopératives bénéficiaires, ont dénoncé les fausses accusations circulant sur les réseaux sociaux, tels que le vol de projets, la vente de poisson à des étrangers et des extorsions envers les mareyeuses et mareyeurs. Ils ont souligné la difficulté du métier de pêcheur, tout en indiquant que le projet se déroule bien, en dépit de cette cabale.

Fruit d’un travail collectif impliquant toutes les coopératives membres du Groupement d’intérêt économique (GIE) dénommé Société nationale de développement de l’économie bleue, Gab Pêche est une initiative ayant bénéficié de l’appui de l’État. Mais depuis quelque temps, des voix montent et réclament la paternité de ce projet visant à impliquer les nationaux dans les activités de pêche, à grande échelle. Ce qui a d’ailleurs conduit à la suspension provisoire de l’administrateur directeur général (ADG) de cette structure, Hermann Omanda.

Modèle économique injuste, esclavagiste

Dès lors, dans sa communication, le responsable des pêcheurs au sein de Gab Pêche a rejeté toute paternité exclusive, dénonçant le modèle économique injuste qui a permis à l’administration de  cette structure de percevoir 60% des revenus alors que les pêcheurs ne recevaient que 40%. «Ce modèle est esclavagiste, avec une masse salariale de 16 millions de francs CFA par mois, parfois versés à des personnes n’ayant jamais travaillé, au détriment des pêcheurs qui financent leur matériel et remboursent leurs crédits bancaires», a-t-il fait savoir.

Le président de la Cepeg a de même pointé des sommes non reversées à la banque, notamment plus de 2 millions de francs CFA. Ce qu’il a qualifié de «honte», non sans mettre  en garde contre des pratiques qui menacent le développement durable de la pêche artisanale. Yents-Kumbe a en outre annoncé une réorganisation prochaine avec la tenue d’une Assemblée générale afin d’améliorer la gouvernance et d’accompagner l’autonomisation des pêcheurs via une bancarisation et une cotisation à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).

Gouvernance peu inclusive, racket systématique avec des demandes d’argent injustifiées

Quelques moments de la déclaration. © GabonReview

Marcel Edou Ndong, président de la coopérative Bambouchine (Copeb) et représentant du Collectif des dix coopératives bénéficiaires, a rappelé lors de cette déclaration que le projet Gab Pêche, officiellement lancé le 11 août 2025, vise l’insertion des Gabonais dans la pêche artisanale. Cependant, il a, pour sa part, dénoncé l’inaction de l’ancien ADG qui a retardé le premier départ en mer de quatre semaines et instauré une gouvernance peu inclusive, marquée par un racket systématique avec des demandes d’argent injustifiées.

Il a expliqué que, lors de cette première sortie en mer, du 5 au 9 septembre 2025, 2,2 tonnes de poisson ont été pêchées, mais, après une commercialisation unilatérale par l’ADG, ce volume aurait été ramené à 1,6 tonne, et seulement 40 % des recettes, soit 1 835 970 FCFA, ont été reversés aux pêcheurs. Les 60% restants, équivalant à 2 753 955 FCFA, sont introuvables et aucune somme n’a été versée à la BCEG.  Ce qui aurait motivé une plainte pour détournement de fonds.

Sauvegarder ce projet social pour l’intérêt de tous

Le collectif a par ailleurs pointé et dénoncé le déséquilibre dans la répartition des revenus. Ce qui leur fait expliquer que l’ADG percevait plus de 80% des fonds pour une masse salariale de 16,5 millions FCFA. Toutes choses contrastant avec les conditions très contraignantes imposées aux pêcheurs, qui doivent rembourser 600 000 francs CFA par mois sur 18 mois, via les 40% reversés. Ce contrat «léonin» impose un modèle économique qui «esclavagise» les pêcheurs, a indiqué Marcel Edou Ndong. La suspension provisoire de M. Omanda par la ministre de la Mer, Laurence Ndong, a été saluée par les coopératives présentes, soucieuses de sauvegarder ce projet social pour l’intérêt de tous.

Ces représentants ont enfin appelé l’opinion nationale à ne pas se laisser manipuler par ceux qui sèment la discorde, et ont réaffirmé leur soutien aux nouvelles orientations du projet portées par le ministère de tutelle, alignées sur la vision présidentielle. Ils ont promis de veiller à ce que les 700 pirogues promises soient distribuées aux véritables acteurs gabonais de la pêche artisanale, tout en remerciant le président de la République et les autorités de leur département ministériel pour cette initiative majeure.