Gabon : le changement climatique à l’origine de la réduction du PIB entre 3,5% et 5,3% d’ici à 2050 | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |
Le Rapport national sur le climat et le développement du Gabon (CCDR), publié le 4 décembre 2025 par la Banque mondiale, analyse comment le Gabon peut continuer à croître et diversifier son économie tout en s’adaptant aux défis du changement climatique. Le texte met en lumière la position remarquable du pays en tant que leader mondial de l’environnement, grâce à ses vastes forêts, et souligne la nécessité d’intégrer le climat dans ses priorités de développement pour assurer une croissance durable et résiliente. Ce, d’autant que «le changement climatique pourrait réduire le PIB du Gabon entre 3,5% et 5,3% d’ici à 2050».
Le rapport estime que le Gabon peut utiliser ses richesses naturelles pour bâtir une économie plus inclusive, protéger ses forêts, créer des opportunités pour les générations futures. © SciDev.Net / Pierre Célestin Atangana
Le document de la Banque mondiale, publié le 4 décembre, examine en effet les perspectives de croissance et de diversification économique du Gabon dans un contexte de changement climatique. Le rapport détaille comment le pays peut utiliser ses richesses naturelles pour bâtir une économie plus inclusive, protéger ses forêts, sécuriser les moyens de subsistance, améliorer la santé publique et créer des opportunités pour les générations futures.
«Le Gabon peut transformer ses fortes ambitions climatiques en une prospérité durable»
Le directeur de division de la Banque mondiale pour la région Afrique centrale, Cheick F. Kanté, a rappelé que «le Gabon est à l’avant-garde du leadership en matière de climat en Afrique». Selon lui, avec des politiques solides et des partenariats efficaces, «le Gabon peut transformer ses fortes ambitions climatiques en une prospérité durable».
Le rapport identifie plusieurs faiblesses du Gabon. Malgré ses forêts absorbant plus de carbone qu’il n’en émette, son économie dépend fortement des revenus pétroliers. Ce qui augmente sa sensibilité aux chocs climatiques et à la transition énergétique mondiale. La hausse des températures, les changements dans les prélèvements, ainsi que les risques d’inondations et d’érosion côtière menacent surtout les zones urbaines et côtières où vit la majorité de la population. Le document indique que ces effets pourraient aggraver les pressions économiques et nuire à des secteurs comme l’agriculture, les infrastructures et l’emploi.
La pauvreté pourrait également augmenter de près de deux 2%
Le CCDR souligne que, sans mesures d’adaptation, le changement climatique pourrait réduire le PIB du Gabon entre 3,5% et 5,3% d’ici 2050, même dans un scénario de croissance probable, et entre 3,1% et 4,8% en cas de forte croissance réformiste. Ces pertes entraîneraient le stress thermique affectant la productivité, la baisse des rendements agricoles, les dommages aux infrastructures, et la montée des maladies liées au climat. La pauvreté pourrait également augmenter de près de deux 2%, illustrant que la croissance économique seule ne suffit pas à protéger le pays.
Pour y remédier, le rapport propose trois priorités à savoir moderniser les infrastructures, notamment en énergie et gestion de l’eau, tout en intégrant les risques climatiques dans la planification urbaine ; améliorer la gestion du capital naturel via la foresterie durable, l’agriculture climato-intelligente et la conservation de la biodiversité ; et investir dans le capital humain en renforçant la santé, l’éducation adaptée au climat et les programmes sociaux. Aissatou Diallo, représentante résidente du Gabon, affirme que «l’adaptation n’est pas un coût, mais un investissement dans l’avenir du Gabon». Le texte insiste sur une gestion budgétaire saine et de politiques responsables pour transformer la résilience climatique en moteur de croissance durable.
