Gabon : le secteur pétrolier sous la menace d’une paralysie dès le 31 décembre | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |
Le secteur pétrolier, pilier de l’économie nationale, pourrait être paralysé d’ici la fin de l’année. Et pour cause, les travailleurs des sociétés sous-traitantes opérant sur les sites pétroliers ont lancé un ultimatum en menaçant de bloquer les activités dès le 31 décembre si les engagements pris par leurs employeurs ne sont pas honorés. Ces derniers dénoncent des conditions de travail précaires.
Les travailleurs des sociétés sous-traitantes opérant sur les sites pétroliers menacent de bloquer les activités dès le 31 décembre 2025. © GabonReview
L’atmosphère se tend à nouveau dans le secteur pétrolier gabonais. Dans un message publié sur Facebook et relayé par le site d’information Gabonactu.com ce lundi 24 novembre 2025, des sous-traitants ont exprimé leur profonde lassitude et un sentiment de trahison face à la répétition de promesses non tenues. «Les travailleurs sont épuisés, trahis, baladés par des promesses qui ne voient jamais le jour», ont-ils déclaré, signifiant clairement : «Ça suffit !»
Ces acteurs importants du secteur déplorent notamment l’absence de changement concret malgré de multiples discussions et engagements. «Depuis trop longtemps, on nous sert des discours, des réunions, des engagements […], mais aucun changement concret dans nos vies», se regrettent-ils. En outre, ces agents réclament une reconnaissance de leur contribution essentielle à l’industrie pétrolière. Bien que souvent considéré comme un personnel de soutien, leur rôle est jugé crucial dans un secteur qui génère environ 60 % du budget national.
Des conditions d’emploi précaires dénoncées
D’après le site d’information, la situation actuelle aurait des racines anciennes avec des dénonciations récurrentes de conditions d’emploi précaires, le non-respect du Code du travail et la spoliation de leurs revenus par les sociétés de mise à disposition de personnel.
Les travailleurs sous-traitants estiment que l’échec de leurs revendications est dû à un système potentiellement protégé par de «hautes personnalités», rendant leur statut professionnel difficile à réformer. L’ultimatum est donc clair : «Si d’ici le 31 décembre, rien ne bouge, alors ce ne sera plus une revendication : c’est une riposte», ont précisé les agents.
Ils exigent dès lors des actions concrètes et non de nouvelles paroles : «Nous voulons du respect, pas des promesses recyclées. Si rien n’est appliqué : qu’on lance la grève, et tout le pays saura que les travailleurs du pétrole ne se laisseront plus piétiner», insistent-ils, avertissant que l’enjeu est désormais «la dignité des travailleurs» et le «refus catégorique de continuer dans la précarité pendant que d’autres prospèrent sur nos efforts».
Le Gabon se trouve donc face à une menace sérieuse de paralysie de son secteur économique majeur, à l’approche de la nouvelle année.
Thécia Nyomba (Stagiaire)
