Gabon : les anciens sénateurs de la 5ᵉ législature interrompue sollicitent reconnaissance et compensation | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |

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Reçus le 11 février 2026 par le président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), Guy Bertrand Mapangou, les membres du Collectif des sénateurs de la 5ᵉ législature interrompue ont plaidé pour la reconnaissance juridique de leur mandat écourté par les événements du 30 août 2023 ainsi que pour l’ouverture de droits à la retraite parlementaire et à des compensations financières.

Un moment de la rencontre avec le Guy Bertrand Mapangou, e 11 février 2026. © Communication CESEC

 

Le président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), Guy Bertrand Mapangou, s’est entretenu mercredi 11 février 2026 avec le Collectif des sénateurs de la 5ᵉ législature interrompue. Au cœur de l’audience : la situation administrative et sociale des anciens parlementaires dont le mandat a pris fin avant terme.

Conduite par son porte-parole, Jean René Nzamba Mombo, la délégation est venue exposer ses préoccupations relatives à la reconnaissance de leur mandat sénatorial et aux droits qui, selon eux, devraient en découler. Les intéressés souhaitent notamment bénéficier d’une retraite parlementaire ainsi que de compensations financières après la cessation prématurée de leurs fonctions.

Prenant acte des doléances, Guy Bertrand Mapangou, entouré des membres de son bureau, a assuré qu’il transmettrait ces préoccupations aux plus hautes autorités du pays.

Une législature écourtée

Des membres du Collectif, dont le porte-parole, Jean René Nzamba Mombo (micro). © Communication CESEC

Les sénateurs concernés avaient pris fonction en mars 2021 pour un mandat théoriquement prévu jusqu’en octobre 2027. Celui-ci a été interrompu à la suite du coup de la Libération du 30 août 2023, mettant fin aux institutions de la précédente République. Au total, 70 sénateurs sont concernés par cette situation, dont cinq sont décédés depuis.

Pour le Collectif, il s’agit avant tout d’une question de droit et non d’un bras de fer politique. «Nous avons attendu trois ans. Il n’est jamais trop tard pour bien faire», a déclaré Jean René Nzamba Mombo à l’issue de la rencontre.

Le porte-parole du Collectif explique que la démarche intervient dans le nouveau contexte institutionnel. «Nous sommes au lendemain de l’élection présidentielle, et la 5ᵉ République a pris corps. Nous avons donc relancé les démarches qui n’ont pas abouti pendant la Transition. C’est ce qui justifie que nous soyons aujourd’hui devant le CESEC», a-t-il affirmé.

Reconnaissance du mandat et retraite parlementaire

Selon lui, les anciens sénateurs ne s’inscrivent pas dans une logique de revendication, mais dans une demande d’application des textes. «Nous ne sommes pas dans la revendication. Nous faisons plutôt observer les prescriptions de la loi», a-t-il insisté.

Deux points principaux structurent leur requête. Le premier concerne la reconnaissance formelle de leur mandat parlementaire interrompu : «La première chose, c’est la reconnaissance de l’existence du mandat qui partait initialement de mars 2021 à octobre 2027. Celui-ci a été interrompu après 32 mois d’activité», a précisé Jean René Nzamba Mombo. Le second point porte sur les droits liés à la fin du mandat, notamment pour les sénateurs atteints par la limite d’âge. «Cela suppose donc que ceux qui sont atteints par la limite d’âge soient bénéficiaires d’une retraite parlementaire», a-t-il ajouté.

Au-delà de l’aspect statutaire, le Collectif évoque également l’impact matériel de l’interruption du mandat : «Derrière cette retraite parlementaire, il y a des manques à gagner sur le plan financier. Nous nous attendons donc à ce qu’il y ait des compensations», a conclu le porte-parole du Collectif.

En attendant une éventuelle suite institutionnelle, la balle est désormais dans le camp des autorités auxquelles le président du CESEC s’est engagé à rendre compte.