Gabon : maintien des subventions pétrolières, un choix pour la stabilité sociale | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |
Le Gabon a décidé de maintenir les subventions des produits pétroliers. Telle est la substance de l’annonce faite, le 5 novembre, par le ministre du Pétrole et du Gaz. Sosthène Nguema Nguema a expliqué que «les conséquences économiques et sociales auraient été lourdes pour toutes les couches de la population». Choix validé en concertation avec le président Oligui Nguéma, l’annulation de la suppression de la subvention vise à préserver la stabilité sociale, à préserver le pouvoir d’achat, dans un contexte économique difficile.
Cette suppression des subventions aurait entraîné une augmentation significative du prix des carburants, estimée entre 15 % et 30 %. © D.R.
Initialement présentée le 5 septembre 2025 et retenue dans le cadre du Projet de loi de finances 2026, la réforme visant la suppression de la subvention aux produits pétroliers a été annulée, le 5 novembre, à Libreville. C’est le ministre en charge des Hydrocarbures, Sosthène Nguema Nguema, qui l’a fait savoir, notamment après concertation avec le chef de l’État gabonais.
«Les conséquences économiques et sociales auraient été lourdes»
Alors qu’elle devait permettre une réduction du coût budgétaire lié aux subventions, évalué à près de 110 milliards francs CFA par an, la réforme concernant la suppression de la subvention aux produits pétroliers a été annulée. «Il était question qu’au 1er janvier 2026, la subvention soit retirée. Mais les conséquences économiques et sociales auraient été lourdes pour toutes les couches de la population», a relevé la ministre du Pétrole.
Il a indiqué que le projet a été réexaminé et présenté au chef de l’État. «Dans sa volonté constante de préserver la stabilité du pays, il a décidé de maintenir la subvention, malgré son coût élevé pour les finances publiques», a-t-il ajouté.
Le pays a préféré la stabilité sociale à une réforme budgétaire lourde
Ces aides représentent environ 0,9 % du PIB gabonais en 2024 et concernent principalement le gaz butane, le gasoil, l’essence et le pétrole lampant. Souhaitant supprimer les subventions, l’objectif principal était, pour l’État, de redynamiser un secteur pétrolier largement dépendant des soutiens publics.
Or, cette suppression des subventions aurait entraîné une augmentation significative du prix des carburants, estimée entre 15 % et 30 % par l’économiste Willy Ontsia. Selon lui, cette hausse aurait provoqué une inflation généralisée touchant les transports et d’autres services énergivores. Ce qui devait affecter lourdement le pouvoir d’achat des ménages gabonais. Toute chose ayant conduit le gouvernement à reconsidérer sa position pour éviter un choc social.
Le Gabon a donc fait un choix de prudence économique en maintenant ses subventions pétrolières. Le pays a préféré la stabilité sociale à une réforme budgétaire lourde.
