Gabon : Oligui Nguema exige une refonte en profondeur du modèle ferroviaire | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |
Au Gabon, où la situation financière de la Setrag inquiète, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a exigé une refonte profonde du modèle ferroviaire national. Entre révision de l’actionnariat, contribution obligatoire au Trésor public et modernisation du cadre contractuel, l’avenir du rail gabonais est désormais au cœur d’une importante restructuration.
Instantané de la rencontre avec Brice Clotaire Oligui Nguema. © Com présidentielle
Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu le 28 novembre une délégation conjointe de la Setrag et du groupe Eramet au Palais du Bord de mer. Au centre des échanges : l’avenir du transport ferroviaire national et la situation préoccupante de l’opérateur public, Setrag. Selon les éléments présentés au chef de l’État, l’entreprise traverse une phase financière extrêmement délicate, dont les effets se répercutent directement sur la qualité du service ferroviaire. Un constat alarmant qui, selon la Présidence, impose des mesures fortes et rapides.
Face aux investissements massifs consentis par l’État dans la réhabilitation de la voie ferrée, le président Oligui Nguema a jugé nécessaire de réexaminer la répartition de l’actionnariat public au sein de la Setrag. Une révision «en profondeur» est envisagée, afin de rétablir un équilibre entre l’effort financier de l’État et la gouvernance de l’entreprise. Autre point sensible : les recettes générées par la Setrag, qui ne contribuent actuellement pas au budget national, une situation qualifiée d’«inacceptable». Désormais, la part revenant à l’État devra être reversée directement au Trésor public, dans une logique de transparence et de bonne gouvernance.
Un groupe interministériel pour moderniser la gouvernance
Le président a également pointé les fragilités structurelles du modèle économique de la Setrag. Une refonte complète s’impose, incluant notamment une révision des tarifs, afin de les aligner sur les réalités opérationnelles et les besoins d’investissement. Des mesures complémentaires seront étudiées : création de zones de péage à l’entrée de chaque province traversée ; installation de postes de pesage pour prévenir les surcharges de wagons ; lutte contre les abus de position dominante, notamment dans la gestion du fret.
Ces discussions interviennent à la suite du récent séjour du président français à Libreville, au cours duquel une convention d’aide au développement a été signée entre l’Agence française de développement (AFD) et l’État gabonais. Le document inclut notamment un soutien à la réhabilitation du réseau ferroviaire et à plusieurs projets structurants. À l’issue de l’audience, le chef de l’État a ordonné la création d’un groupe de travail interministériel chargé de réexaminer la Convention liant l’État à la Setrag. Objectif : moderniser le cadre contractuel, clarifier les obligations des parties et garantir un pilotage conforme aux intérêts nationaux.
