Gestion des ressources naturelles : un guide pour le CLIP en validation à Libreville | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |

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Ce 22 décembre 2025, Libreville a accueilli un atelier national pour la gouvernance forestière au Gabon. Organisé par l’ONG Brainforest avec l’appui du PNUD et de la Direction générale de l’environnement et de la protection de la nature (DGEPN), cet événement visait à amender et valider un guide simplifié sur le Consentement Libre, Informé et Préalable (CLIP). L’enjeu est de parvenir à transformer la gestion des paysages forestiers en garantissant une inclusion réelle des communautés locales et des peuples autochtones dans les processus décisionnels qui touchent leurs terres et leurs ressources.

Au-delà de la simple validation technique, l’ambition de Brainforest est que ce document serve de catalyseur pour faire évoluer la loi gabonaise. © GabonReview

 

Le Gabon, dont le territoire est recouvert à près de 88% par la forêt tropicale, fait face à des défis majeurs tels que la déforestation et l’exploitation non durable. Si cette biodiversité est une richesse nationale, sa gestion soulève des tensions sociales. Jusqu’à présent, les communautés locales et les peuples autochtones (CLPA) ont rarement été impliqués dans les décisions relatives à l’affectation des terres qu’ils utilisent.

Ce manque de consultation systématique alimente des conflits récurrents avec les opérateurs privés, illustrant les limites actuelles de la gouvernance inclusive au Gabon. C’est dans ce contexte que s’inscrit le projet « Transformation de la gouvernance des paysages forestiers dans le corridor Bas Ogooué – Basse Nyanga », dont le guide sur le CLIP est l’un des outils phares.

Le CLIP : Un outil pour équilibrer les forces

© GabonReview

Bien que le cadre juridique gabonais prévoie divers mécanismes de consultation, le CLIP n’est pas encore formellement reconnu par le droit positif national. Pourtant, sur le terrain, des démarches s’en réclamant sont déjà pratiquées.

Pour Martial Djinang, coordonnateur des projets à Brainforest, ce guide est une nécessité pour protéger les populations vulnérables :« Dans cette chaîne de valeurs, les communautés apparaissent comme le maillon faible. […] Si vous n’êtes pas outillé sur ce que c’est que le CLIP, à ce moment vous n’aurez pas la capacité de faire face à cette démarche ».

Le principe du CLIP est simple mais puissant : avant tout projet touchant leurs moyens de subsistance, les communautés doivent être informées des avantages et des désagréments potentiels. Sur cette base, elles peuvent, en toute connaissance de cause, dire « oui » ou « non ». Comme le souligne Djinang, « le non de la communauté équivaut à la cessation du projet » dans les systèmes où le mécanisme est pleinement opérationnel.

Vers une consécration juridique ?

L’atelier de ce lundi, financé par le Fonds DEF, a réuni un panel diversifié : administration publique (DGE, Cenarest), secteur privé (GSEZ), organisations de la société civile (Muyissi Environnement, FENSED) et représentants des communautés cibles.

Erika Oyane, cheffe de projet, insiste sur la dimension émancipatrice de cet outil : « C’est un guide qui s’adresse d’abord aux communautés et qui vise à les appuyer, à les soutenir dans la promotion de leurs droits ».

Au-delà de la simple validation technique, l’ambition de Brainforest est que ce document serve de catalyseur pour faire évoluer la loi gabonaise. En s’appuyant sur cette expérience pilote, l’ONG espère poser les jalons d’une future adoption réglementaire du CLIP, à l’instar des avancées déjà observées pour la cartographie participative.