Indication géographique : la pierre de Mbigou bientôt consacrée patrimoine national protégé | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |

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Réuni ce 11 novembre à Libreville sous la présidence de la directrice générale de l’ Office gabonais de la propriété industrielle (Ogapi), Marlène Olivia Mbazoghe, le Comité national des indications géographiques (CNIG) a validé la reconnaissance de la pierre de Mbigou en indication géographique (IG). Cette décision marque l’avant-dernière étape avant l’adoption d’un décret officialisant ce produit artisanal emblématique comme patrimoine national protégé, ouvrant la voie à une reconnaissance juridique internationale et à un levier de développement durable pour les zones productrices.

Le Comité national des indications géographiques (CNIG) a validé la reconnaissance de la pierre de Mbigou en indication géographique (IG). © GabonReview

 

La rencontre, tenue en présence des représentants de la Coopérative des artisans de Mbigou (COOPAM) et d’experts du secteur, visait à finaliser la demande de protection auprès de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI). « Cette réunion constitue la dernière étape avant le dépôt du dossier d’enregistrement de la pierre de Mbigou en indication géographique », a déclaré Marlène Olivia Mbazoghe. Selon elle, cette validation permettra « d’offrir à ce produit une reconnaissance légale internationale et d’ouvrir de nouvelles perspectives économiques pour les zones où cette pierre est ancrée, notamment Mbigou, Kango et Lambaréné ».

La reconnaissance de la pierre de Mbigou en IG répond à une double ambition : protéger un savoir-faire ancestral et consolider les bases d’un développement local durable. « Il existe un cahier de charges précis qui encadre la production de cette pierre, avec des étapes claires à respecter », a expliqué Mme Mbazoghe. Le contrôle du respect de ces exigences sera assuré par le Comité national des indications géographiques, chargé de prévenir toute usurpation du nom et de sanctionner les contrevenants.

La directrice générale de l’Ogapi, Marlène Olivia Mbazoghe. © GabonReview

Ce dispositif place le Gabon parmi les rares pays africains aux côtés du Maroc et du Cameroun disposant d’un produit reconnu à la fois par l’OAPI et l’Union européenne. Mais la pierre de Mbigou se distingue en devenant le premier produit artisanal africain à bénéficier d’une telle protection. « C’est une fierté nationale et un tremplin pour l’économie locale », a souligné la directrice générale de l’Ogapi, pour qui cette reconnaissance contribuera à renforcer l’attractivité du patrimoine gabonais sur les marchés internationaux.

Un décret pour ériger la pierre de Mbigou en patrimoine national

Pour Armand Ondo Nguema, expert judiciaire et spécialiste en propriété intellectuelle, la validation de la pierre de Mbigou « sous la forme d’un décret » vise à lui conférer le statut de patrimoine national. Ce choix, selon lui, s’imposait pour « sécuriser un produit jouissant d’une réputation avérée au niveau national et international ».

Il a rappelé que le Gabon accusait un certain retard en matière de valorisation de ses produits spécifiques. « Contrairement à d’autres pays africains qui comptent plusieurs produits protégés, le Gabon n’en possédait jusqu’ici aucun. Il était impensable que nous restions sans produit en indication géographique malgré notre riche patrimoine culturel et artisanal », a-t-il fait observer.

Les retombées de cette reconnaissance seront multiples : valorisation des productions locales, création d’emplois directs et indirects, développement du tourisme et réduction de l’exode rural. « L’indication géographique permet d’identifier un produit à son territoire d’origine, lorsque ses qualités ou sa réputation sont liées à cet espace », a expliqué l’expert. Ce mécanisme, ajoute-t-il, favorise la préservation de la diversité biologique et culturelle tout en stimulant les économies rurales.

Un aboutissement après dix ans de travail

© GabonReview

Le processus de reconnaissance de la pierre de Mbigou a mobilisé plus d’une décennie d’efforts, associant des experts de l’OAPI, de l’Union européenne et des artisans locaux. Ce travail de longue haleine visait à documenter les caractéristiques uniques de la pierre, à établir un cahier de charges rigoureux et à structurer la filière artisanale autour de la COOPAM. « Aujourd’hui, il y a une certaine fierté de voir que les jeunes femmes et hommes qui extraient cette pierre vont enfin bénéficier du fruit de leur savoir-faire », a confié Armand Ondo Nguema, pour qui cette reconnaissance marque une victoire symbolique pour les communautés de Mbigou et des environs, dont l’artisanat contribue depuis des décennies à la réputation culturelle du pays.

En clôturant les travaux, Marlène Olivia Mbazoghe a réaffirmé la volonté du Gabon de poursuivre cette dynamique de valorisation des produits du terroir. « Nous avons commencé par la pierre de Mbigou, mais nous n’allons pas nous limiter à ce produit. Nous allons poursuivre la prospection pour sécuriser d’autres richesses locales à forte valeur ajoutée », a-t-elle indiqué.

Avec la consécration prochaine de la pierre de Mbigou comme produit à indication géographique protégée, le Gabon franchit une étape historique dans la promotion de son patrimoine artisanal et culturel. Symbole d’authenticité, de savoir-faire et de développement durable, la pierre de Mbigou s’apprête à briller sur la carte mondiale des produits d’origine protégée, illustrant la capacité du pays à conjuguer identité culturelle et innovation économique.