IPC 2025 : Le Gabon avec à 29/100, englué dans le bas du classement mondial | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |

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Publié le 10 février 2026 par Transparency International, l’Indice de Perception de la Corruption (IPC) 2025 replace le Gabon dans une position préoccupante. Avec un score de 29 sur 100, le pays reste classé parmi les nations les plus corrompues de la planète, à l’heure où le gouvernement porté par Brice Clotaire Oligui Nguema affiche l’assainissement de la gouvernance comme priorité nationale.

Avec un score de 29 sur 100, le pays reste classé parmi les nations les plus corrompues de la planète, à l’heure où le gouvernement porté par Brice Clotaire Oligui Nguema affiche l’assainissement de la gouvernance comme priorité nationale. © GabonReview / Dall-E (Intelligence artificielle)

 

Principal indicateur mondial de la corruption dans le secteur public, l’IPC évalue cette année 182 pays à travers le monde. Le Gabon y obtient un score de 29 sur 100, le plaçant au 135e rang, une position qui ne souffre d’aucune ambiguïté : le pays demeure fermement ancré dans la catégorie des États perçus comme « fortement corrompus », loin de la barre symbolique des 50 points qui distingue les nations ayant maîtrisé leur gouvernance de celles qui en sont encore prisonnières.

Ce résultat s’inscrit dans une tendance de fond préoccupante sur le long terme. Il y a dix ans, en 2015, le Gabon enregistrait un score de 29, au même niveau que sa situation actuelle, occupant déjà le 135e rang sur 182 pays. Une décennie plus tard, le pays n’a donc pas progressé il a stagné révélant les défaillances structurelles d’un système de gouvernance longtemps sous l’emprise d’un pouvoir concentré. Le Gabon et le Libéria affichent tous deux une chute de 10 points depuis 2014.

Le coup d’État de 2023 a mis fin à 56 ans de règne d’une même famille, et le patron du nouveau régime, Brice Oligui Nguema, s’est engagé dans des efforts anti-corruption, notamment en rétablissant la Commission des marchés publics après que des audits eurent révélé des surfacturations. Des signaux positifs, certes, mais encore trop récents pour inverser une perception durablement dégradée aux yeux des observateurs internationaux.

Le contexte régional ne plaide guère en faveur d’un optimisme prématuré. L’Afrique subsaharienne a de nouveau enregistré le score moyen le plus bas à l’échelle mondiale, avec seulement 33 sur 100, 90 % des pays de la région obtenant une note inférieure à 50. Le Gabon, à 29, se situe nettement en deçà même de cette moyenne régionale déjà faible. À l’échelle planétaire, le tableau n’est guère plus encourageant : la moyenne mondiale de l’IPC 2025 est tombée à 42, son niveau le plus bas depuis plus d’une décennie, avec 122 pays sur 182 qui obtiennent une note inférieure à 50.

Pour le nouveau Gabon, l’enjeu va bien au-delà de l’image. La corruption représente un frein direct à l’investissement étranger, à la mobilisation des financements climatiques et à la diversification économique, trois piliers du projet de refondation nationale affiché par les autorités actuelles.

Transparency International avertit que l’absence de leadership courageux dans la lutte mondiale contre la corruption fragilise l’action internationale anti-corruption et risque de réduire les pressions en faveur de réformes dans de nombreux pays. La feuille de route est connue : renforcer l’indépendance de la justice, garantir la transparence des finances publiques et protéger l’espace civique.