L’hôpital de Melen à l’abandon : le LRA dénonce l’«hypocrisie» du gouvernement | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |
Le parti «Large Rassemblement Arc-en-ciel» (LRA) a pris acte de l’hommage récemment rendu au Dr Marcel Eloi Rahandi Chambrier, mais il déplore le contraste entre cette reconnaissance exprimée au pionnier de la médecine gabonaise et l’abandon du Centre hospitalier régional Estuaire-Melen (CHREM) depuis plusieurs années. «Honorer la mémoire d’un bâtisseur devient dérisoire lorsqu’on laisse se détruire ce qu’il aurait défendu», défend son président, Stephane Germain Iloko Boussengui, qui appelle à une réhabilitation urgente de l’établissement, affirmant que «la santé n’est pas négociable» et que le peuple gabonais mérite mieux que des hommages.
Une vue du Centre hospitalier régional Estuaire-Melen (CHREM), en septembre 2025. © Facebook/CHREM
Le jeune parti politique Large Rassemblement Arc-en-ciel (LRA), dirigé par le Dr Stephane Germain Iloko Boussengui, a récemment réagi à l’hommage rendu fin novembre au Dr Marcel Eloi Rahandi Chambrier, qu’il présente comme «l’un des derniers véritables bâtisseurs de la République». S’il reconnaît que cet hommage était «nécessaire», le LRA estime qu’il ne doit pas servir de paravent pour masquer «les échecs, les renoncements et les abandons dont souffre aujourd’hui notre système de santé».
Un contraste jugé «inacceptable»
Dans son communiqué, le parti souligne le paradoxe entre la célébration de la mémoire du Dr Chambrier et l’état de délabrement de l’hôpital régional de l’Estuaire à Melen, dans la province dont il était originaire. «Oui, honorer la mémoire du Dr Chambrier est un geste fort. Mais le geste devient dérisoire lorsque, dans le même temps, l’hôpital provincial de l’Estuaire à Melen est laissé à l’abandon», dénonce la jeune formation politique.
Son président décrit un établissement où «une route délabrée traverse l’hôpital de part en part», où «les infrastructures tombent en ruine» et où «le personnel exerce dans un environnement indigne». Pour lui, «c’est une humiliation pour la province la plus peuplée du Gabon».
Une «politique de vitrines»
Le LRA, qui paraît se positionner comme une force politique vigilante et mobilisée sur les questions sociales, en dénonçant les contradictions entre les discours officiels et la réalité vécue par les citoyens, accuse les autorités de privilégier les effets d’annonce au détriment des besoins essentiels de la population. «Pendant que l’on inaugure des stèles, Melen agonise. Pendant que l’on vante la modernité, Melen renvoie l’image d’un pays qui abandonne les siens. Pendant que l’on parle de Cités Émeraude, de Baie des Rois ou de projets futuristes, la réalité crue est que l’hôpital provincial de l’Estuaire ne remplit plus son rôle le plus élémentaire : soigner», regrette-t-il.
Si le parti affirme refuser «cette hypocrisie» et «cette politique de vitrines», il appelle à une action urgente. Le LRA demande notamment aux autorités de mettre fin «immédiatement à cette injustice territoriale et sanitaire». Le parti exige que l’hôpital de Melen soit «réhabilité de toute urgence, modernisé, sécurisé, et doté des moyens humains et matériels nécessaires».
«Le Gabon ne peut pas choisir entre honorer ses héros et protéger ses vivants : il doit faire les deux», insiste le communiqué, qui rappelle que «la santé n’est pas négociable». Pour le Dr Iloko Boussengui, la situation de Melen illustre un pays qui «a perdu le sens des priorités».
