Mines : Oligui Nguema serre la vis sur l’orpaillage illégal | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |
Le 8 octobre, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a reçu en audience les opérateurs du secteur aurifère, dans le cadre de ses consultations régulières avec les acteurs économiques. Il a affiché une volonté claire : réorganiser un secteur stratégique encore largement dominé par l’orpaillage artisanal illégal, et faire de l’exploitation de l’or un levier de développement durable, équitable et souverain. Le président ambitionne d’en accroître significativement la contribution au produit intérieur brut, visant à la porter à deux chiffres.
Brice Clotaire Oligui Nguema s’adressant aux acteurs du secteur. © Com. présidentielle
Sur le terrain, les opérations de lutte contre l’orpaillage clandestin se multiplient. Les services de renseignement ont récemment procédé à l’interpellation de nombreux orpailleurs illégaux, notamment dans les localités de Ndjolé, Makokou, Itéké, et la Lopé. Des kilogrammes d’or ont été saisis, pour une valeur estimée à plus d’un milliard de francs CFA. Une réalité préoccupante, qui révèle non seulement l’ampleur du phénomène, mais aussi les pertes financières importantes qu’il engendre pour l’État, sans compter les ravages environnementaux causés par l’utilisation de substances toxiques.
Menaces de sanctions
Face à cette situation, Brice Clotaire Oligui Nguema a donné des instructions précises. Il a annoncé un audit complet du secteur aurifère et l’organisation de missions de contrôle pour interdire toute exploitation sans permis. Des sanctions fermes sont prévues à l’encontre des contrevenants, notamment le retrait des permis aux exploitants en infraction. Un système de surveillance satellitaire, en lien avec les unités spécialisées, sera déployé pour détecter toute activité illicite. L’exploitation artisanale non encadrée sera désormais interdite, et les opérateurs agréés devront fournir une caution bancaire. Il a également exigé l’adoption de textes imposant le raffinage local de l’or.
Mais aussi, la création d’une grille nationale de fixation des prix, la réduction du nombre de permis délivrés et l’interdiction des collectes par des particuliers. «L’or relève de la souveraineté de l’État». Brice Clotaire Oligui Nguema l’a rappelé, insistant sur le fait que son exploitation doit répondre à des impératifs de souveraineté, de développement durable et d’équité. Brice Clotaire Oligui Nguema a, dans sa démarche, exigé la revue de tous les permis de recherches après 6 mois. «Et après 6 mois, si rien n’est fait, je vais exiger la suspension», a-t-il prévenu.
«Je ne vais pas sacrifier la vie de mes compatriotes !»
Il s’est également montré inflexible sur les questions environnementales. «Ceux qui vont utiliser le cyanure, le mercure, vous retirez le permis […] Je ne vais pas sacrifier la vie de mes compatriotes !» a-t-il lâché. Le chef de l’État entend par ailleurs renforcer la transparence dans la gestion des ressources minières. Il a rappelé l’annonce faite en novembre 2024, concernant l’inscription des recettes issues de l’or dans le budget de l’État. Une réforme qui vise à garantir que ces ressources profitent pleinement au pays et contribuent à la création d’emplois locaux et au financement de projets structurants.
La feuille de route présidentielle vise à restructurer un secteur en perte de contrôle, le sécuriser, l’encadrer, et en faire une véritable richesse nationale. Encore faut-il que les mesures annoncées soient traduites dans les faits, et que le suivi soit à la hauteur des ambitions. Car derrière les discours, c’est une bataille de souveraineté, d’équité économique et de justice sociale qui se joue sur les territoires aurifères du pays. Surtout que l’ambition est de porter à deux chiffres, la contribution de ce secteur au PIB.
