Ogooué-Maritime : À Port-Gentil, le district de Ndougou ausculte son propre développement | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |
Sous l’impulsion du député René Mboungana Guibouanga, les ressortissants du district de Ndougou se sont réunis le dimanche 15 février à Port-Gentil. Objectif : dresser un diagnostic sans complaisance des services de base et élaborer une offre technique concrète à soumettre au gouvernement pour sortir cette localité de l’Ogooué-Maritime de l’enclavement.
Pour la première fois, les filles et fils du district de Ndougou ont été invités par leur élu à une «Journée de réflexion citoyenne». © GabonReview
L’honorable député René Mboungana Guibouangde lors de la Journée de réflexion citoyenne pour l’avenir du district de Ndougou.© GabonReview
Dans la salle de réunions du Conseil départemental de Bendjé (CDB), l’atmosphère était celle des grands jours. Pour la première fois, les filles et fils du district de Ndougou ont été invités par leur élu à une «Journée de réflexion citoyenne». Loin des discours politiques habituels, le thème « État des lieux et perspectives d’avenir des services essentiels » a ouvert un débat de plus de cinq heures sur les maux qui minent ce territoire de 12 000 âmes, réparti entre neuf villages lagunaires et douze terrestres.
Le tableau dépeint par les populations est celui d’une léthargie profonde. Dans ce district qui devrait être un grenier économique, la santé ne tient plus qu’à un fil : sur cinq dispensaires et un centre médical, seuls trois sont fonctionnels, portés à bout de bras par quatre infirmiers pour toute la zone. L’absence d’un médecin généraliste et d’une sage-femme, couplée à l’inexistence d’ambulances fluviales ou terrestres, place les habitants dans une insécurité sanitaire chronique.
L’éducation n’est pas mieux lotie, contraignant de nombreuses familles à l’exode vers les centres urbains faute de structures adéquates. À ces manquements s’ajoute l’épineux problème des infrastructures. L’enclavement routier et le délabrement des voies de communication freinent l’écoulement des produits agricoles. «C’est un calvaire d’acheminer nos bananes par la route, et la voie fluviale reste précaire», a déploré Estelle Bagadi, une native de la région, illustrant ainsi la fragilité d’une économie locale privée d’électricité et d’un réseau téléphonique couvrant à peine un tiers des villages.
Vers une « offre technique » citoyenne
Face à ce constat, l’honorable René Mboungana Guibouanga, député du 3ème siège du canton Orémbo Nkomi, prône une approche pragmatique. Plutôt que d’attendre une hypothétique solution providentielle, l’élu souhaite bâtir une stratégie d’auto-développement. «L’objectif n’est pas de jeter l’anathème sur le gouvernement, mais de proposer des solutions urgentes par nous-mêmes», a-t-il précisé, annonçant au passage la réfection en cours d’une ambulance fluviale sur fonds propres.
Cette rencontre de Port-Gentil, qui fait suite à une première étape librevilloise, vise à compiler les besoins prioritaires économie, télécommunications, infrastructures pour constituer une véritable banque de projets. Pour l’élu et les forces vives du district, il s’agit désormais de présenter au sommet de l’État un dossier technique solide, capable d’inciter le gouvernement à accompagner une dynamique déjà amorcée sur le terrain par les communautés elles-mêmes.
