Or vert du Gabon : Vers une structuration industrielle et durable de la filière Iboga | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |
Au lendemain de la Conférence internationale sur l’Iboga tenue à Libreville, une délégation d’experts et d’investisseurs américains a visité, le 13 janvier 2026, des plantations pilotes à Bikelé. Entre préservation des rites ancestraux et ambitions thérapeutiques mondiales, le Gabon pose les jalons d’une exploitation encadrée de son « bois sacré » au profit de l’économie verte.
Une délégation d’experts et d’investisseurs américains au cœur des plantations pilotes d’Iboga à Bikelé. © D.R.
Sous l’égide du ministre des Eaux et Forêts, Maurice Ntossui Allogo, la délégation internationale comprenant notamment l’ONG Americans For Ibogaine (AFI) s’est rendue sur un site de trois hectares à Bikelé. Cette visite de terrain visait à confronter la théorie scientifique aux réalités de la culture de l’Iboga.
Sur place, deux variétés distinctes ont été présentées : l’Iboga Mebang, pilier des cérémonies initiatiques (Ombouiri, Bwiti), et l’Iboga Mevoe, particulièrement prisé pour les veillées. Cette segmentation culturale souligne la volonté des acteurs locaux de préserver la diversité génétique de la plante tout en répondant à des besoins spécifiques.
Un enjeu de souveraineté économique
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Pour le Gabon, l’enjeu est double : sortir de la cueillette sauvage pour passer à une culture de rente structurée, tout en sécurisant la propriété intellectuelle des savoirs ancestraux. Le partenariat avec des entités telles que Reset Health Gabon et l’Agadev illustre une stratégie visant à transformer l’alcaloïde actif, l’ibogaïne, en une solution médicale reconnue contre les addictions, sur un marché international en pleine expansion.
L’implication du Groupement d’intérêt économique (GIE) BOIS et de la Fondation Stéphane Lasme témoigne d’une volonté d’inclusion des communautés locales. Le gouvernement de transition entend veiller à ce que l’exploitation de ce patrimoine naturel unique soit «mutuellement bénéfique».
En érigeant l’Iboga en levier de l’économie verte, le Gabon ne se contente plus d’exporter une matière brute ; il ambitionne de devenir le leader mondial d’une filière éthique, capable de concilier sacré, science et rentabilité.
