Pêche artisanale : le Gabon lance un vaste chantier de réforme avec la Banque mondiale | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |

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Dans le cadre du projet de développement du secteur des pêches maritimes au Gabon, un atelier de restitution s’est tenu ce mercredi 25 février 2026, à Libreville. Cette rencontre s’inscrit dans la dynamique de redynamisation de la pêche artisanale et de la valorisation durable des ressources halieutiques nationales. Mis en œuvre avec l’appui technique de la Banque mondiale, en collaboration avec le ministère de la Mer, de la Pêche et de l’Économie bleue, ce projet vise à renforcer la gouvernance, la productivité et la compétitivité du secteur.

Photo de famille lors de l’atelier de restitution, le 25 février 2026 à Akanda. © GabonReview

 

La Banque mondiale a organisé un atelier de restitution des livrables du projet d’Assistance technique PROBLUE intitulé «Vers un développement durable des pêches maritimes au Gabon», mercredi 25 février 2026, à Libreville. Il s’est agi de présenter, de manière synthétique, les principaux résultats des livrables 1 et 2, notamment le diagnostic du secteur des pêches maritimes, ses constats clés ainsi que les recommandations stratégiques destinées à soutenir sa transformation durable au Gabon. La salle de conférence a donc accueilli le ministre de la Mer, de la Pêche et de l’Économie bleue, ainsi que ses partenaires, en vue de l’effectivité des résultats présentés. D’après la représentante résidente de la Banque mondiale au bureau du Gabon, Aissatou Diallo, ces travaux visent à poser les bases d’une gouvernance plus performante, transparente et fondée sur des informations fiables. «Cette assistance technique revêt une importance particulière, car le secteur de la pêche maritime au Gabon dépasse largement sa dimension économique. Il est au cœur des enjeux de sécurité alimentaire, de création d’emplois, de valorisation des ressources nationales et de préservation des écosystèmes marins», a-t-elle affirmé. Mais à côté de la restitution technique, cet atelier traduit surtout la volonté d’inscrire la pêche maritime gabonaise sur une trajectoire durable, créatrice d’emplois et de valeur, respectueuse de l’environnement et inclusive de l’ensemble des acteurs du secteur.

Quelques moments de la journée. Le ministre de la Mer et la représentante de la Banque mondiale lors de leurs allocutions ainsi que l’assistance. © GabonReview

Un discours appuyé par le ministre de la Mer, de la Pêche et de l’Économie bleue, Aimé Martial Massamba. Selon lui, la Banque mondiale a été un véritable appui, tant sur le plan technique que financier, dans la mise en œuvre de ce projet. «Du 22 au 28 juin 2025, une mission de cadrage du projet d’assistance technique a séjourné à Libreville. La rencontre de travail tenue à la Direction générale des pêches et de l’aquaculture, le 26 juin 2025, a permis d’identifier les appuis techniques et institutionnels nécessaires à la mise en œuvre de la vision de développement du secteur de la pêche et de l’aquaculture, impulsée par les plus hautes autorités», a-t-il dit. Il a rappelé que les travaux du présent atelier permettront au gouvernement d’apprécier, de manière objective, les principaux résultats des livrables 1 et 2, à savoir : la composante relative au cadre réglementaire pour l’investissement dans la pêche, ainsi que la composante portant sur l’analyse des lacunes en matière de données et le plan d’action pour leur collecte.

Des recommandations pour dynamiser la pêche artisanale au Gabon

Le secteur maritime au Gabon, bien qu’ayant une base solide, présente encore des lacunes. Selon la spécialiste principale en environnement du Groupe de la Banque mondiale, Samira Elkhamlichi, il serait possible de redynamiser ce secteur grâce à des pistes de solutions majeures. «Il faut des réformes pour que le secteur soit performant au niveau économique, mais aussi social. Parce qu’à la fin, surtout pour nous, à la Banque mondiale, ce qui nous intéresse, c’est vraiment l’impact sur les citoyens, sur les populations locales, les pêcheurs et les petites entreprises. Donc, il faut rendre le secteur performant aussi bien sur le plan économique que social». Elle a ensuite insisté sur l’importance de garantir la sécurité alimentaire des citoyens et d’investir dans les infrastructures. «Il faut assurer la sécurité alimentaire des citoyens. Et parmi les autres recommandations, il faut investir dans des infrastructures, comme les sites de débarquement et les chambres froides», a-t-elle précisé en expliquant que les pêcheurs artisanaux ont un réel besoin d’infrastructures adaptées et qu’il est nécessaire de les accompagner dans la mise en place de ces installations, notamment les chambres froides, afin de permettre une meilleure conservation des produits halieutiques.

Enfin, elle a évoqué l’importance de développer d’autres activités économiques connexes. «Des actions d’investissement doivent être menées en parallèle avec des réformes du secteur», a-t-elle conclu. Autant de recommandations qui pourraient contribuer à redynamiser ce secteur stratégique pour le pays.

Thécia Nyomba