Peine de mort : «une diversion cynique pour masquer l’échec», selon Iloko Boussengui | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |
Une manœuvre politique. Pour le Dr Stéphane Germain Iloko Boussengui, le débat actuel sur l’éventuel retour de la peine de mort au Gabon plusieurs années après l’abolition de la peine capitale est une façon d’éloigner les Gabonais des vraies sujets. L’ancien candidat à la présidentielle d’avril 2025 appelle ce lundi 12 janvier 2026 à recentrer le débat national sur les véritables urgences sociales et économiques, loin des «diversions» politiques.
Pour le Dr Iloko Boussengui, l’introduction du sujet de la peine de mort dans le débat national est une diversion de plus du pouvoir. © GabonReview (montage)
Dr Stéphane Germain Iloko Boussengui a vivement dénoncé ce lundi la résurgence du débat sur la peine de mort au Gabon. Dans une tribune publiée sur sa page Facebook, il qualifie cette polémique de «diversion cynique pour masquer l’échec» des autorités face aux véritables urgences nationales. Pour l’ancien candidat à la présidentielle d’avril 2025, la réintroduction du sujet dans l’espace public n’a rien de spontané. Bien au contraire. Il s’agit, selon lui, d’«une diversion de plus». Mais il prévient : «Ne nous laissons pas abuser !»
Dr Iloko Boussengui estime en effet que ce retour opportun du thème intervient alors que le pays est confronté à des crises sociales et économiques majeures, reléguées au second plan.
Les vraies urgences
Le président du parti Large rassemblement arc-en-ciel (LARC) rappelle que les priorités nationales se trouvent ailleurs. Il cite notamment les grèves dans l’Éducation nationale, «sacrifiée dans l’indifférence générale» ; les perturbations du chemin de fer, «colonne vertébrale de notre économie» ; la situation des travailleurs non permanents, «une fois de plus abandonnés» ; les décisions de la CNAMGS privant les Gabonais économiquement faibles de la prise en charge de leurs ordonnances ; les toitures éventrées de l’hôpital de Melen, toujours sans réparation un mois après l’orage.
«Voilà les vrais sujets. Voilà les priorités nationales. Le reste relève de la manœuvre politique», écrit-il, dénonçant par ailleurs une confusion institutionnelle.
Le Dr Iloko Boussengui s’interroge sur la légitimité de l’initiative : «Qui a introduit le premier, dans l’espace public, la question du retour de la peine de mort ? Dans quel cadre institutionnel cette déclaration a-t-elle été faite ? Avec quelle légitimité ? Et surtout : au nom de qui ?»
Un principe intangible : la sacralité de la vie
S’il juge inacceptable qu’une institution républicaine puisse «tester l’opinion sur des questions fondamentales de société» et «jouer avec la vie humaine», l’ancien challenger d’Oligui Nguema rappelle dans sa tribune que la peine de mort est abolie et constitutionnellement dépassée au Gabon. «La vie humaine est sacrée. Le respect de la dignité humaine, de la conception à la mort, ne se négocie pas, ne se sonde pas, ne se teste pas», défend-il, mettant en garde contre toute tentative de régression morale et juridique : «La Ve République ne peut pas commencer son histoire par un acte de régression. Elle n’a pas vocation à gouverner par la peur, mais par la justice.»
Dès lors, le Dr Iloko Boussengui interpelle directement les autorités : «La question est désormais simple : le gouvernement suivra-t-il ? Et surtout : le CESEC [Conseil économique, social, environnemental et culturel] assumera-t-il collectivement une position qui contredit l’esprit et la lettre de notre Constitution ?»
