Performance, Probité, Patriotisme : Oligui Nguema fixe la doctrine dure de la Vè République | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |

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Au Palais Rénovation, la cérémonie des vœux institutionnels de ce 8 janvier n’a rien eu d’un simple rituel républicain. Face aux piliers de la Vè République, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a livré un discours d’autorité, de méthode et de rupture, où chaque mot sonnait comme une injonction à gouverner autrement. Discipline administrative, fin de l’impunité, justice indépendante, solidarité sans laxisme : en 2026, le chef de l’État ferme l’ère des accommodements et ouvre celle des résultats.

8 janvier 2026, au palais de la Présidence de la République : Oligui Nguema pose la Ve République sur ses trois piliers (Performance, Probité, Patriotisme) et avertit : «2026 n’est pas une année d’expérimentation». © Communication présidentielle

 

Au Palais Rénovation, le 8 janvier 2026, la cérémonie de présentation des vœux institutionnels s’est muée en véritable acte de gouvernement. Devant l’ensemble des institutions fraîchement installées de la Vè République, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a livré un discours de rupture, dense et rigoureusement structuré, où chaque séquence a servi à fixer une ligne d’autorité et de responsabilité. «La présente cérémonie de vœux intervient à une période charnière de l’histoire de notre pays, elle inaugure l’ère de notre Ve République», affirme-t-il d’emblée, donnant à l’instant une portée fondatrice.

Instantanés, pêle-mêle, de la cérémonie de présentation des vœux au président de la République. © Communication présidentielle

Cette Vè République, précise-t-il, doit être «exemplaire» et commande «une rupture avec la politique politicienne», au profit «d’actions concrètes, à même de répondre aux attentes légitimes des Gabonais». Le propos est clair : le temps des discours accommodants est clos, celui de l’exécution commence.

Gouvernance, administration et discipline : le retour de l’État exigeant

Le cœur du discours est consacré à la gouvernance et au fonctionnement de l’État. Oligui Nguema rappelle avoir engagé «une réforme profonde de l’administration visant à assainir la gestion publique, rétablir la transparence, lutter résolument contre la corruption et contre la fraude». Les ressources publiques, insiste-t-il, «doivent être utilisées avec rigueur».

S’il reconnaît les efforts accomplis, le chef de l’État dresse sans détour la liste des maux persistants : «retards de mise en solde, carrières bloquées et pensions impayées». Mais à cette reconnaissance, il adjoint une exigence ferme de responsabilité individuelle. «Nous aspirons tous au changement mais nul ne peut exiger davantage de l’État, sans être prêt à accomplir le minimum requis, à commencer par la présence effective à son poste de travail», tranche-t-il. Le rappel à la loi est explicite : le Statut général des fonctionnaires prévoit «des sanctions allant de l’avertissement à la révocation sans droit à la pension». Les conseils de discipline devront désormais se tenir «sans complaisance».

Justice, solidarité et autorité morale : la Vè République sans impunité

Sur le plan institutionnel, le président fixe une ligne rouge. «La nouvelle République ne s’accommode pas avec l’impunité», déclare-t-il, réaffirmant son engagement pour «une justice indépendante, libre de toute intervention». Aux magistrats, il adresse un rappel de principe : «rendre la justice, tout comme assurer la sécurité et la défense du territoire, sont des missions régaliennes qui ne peuvent s’arrêter de fonctionner». Toute confusion entre liberté associative et droit de grève est désormais jugée incompatible avec l’État de droit.

Le discours s’attarde aussi sur la solidarité nationale, qualifiée de «pilier fondamental de la Vè République». Oligui Nguema affirme que «nos aînés, nos retraités, nos mères et nos familles méritent une protection sociale plus digne», appelant à la revalorisation des pensions, à la réforme des retraites et à l’audit des caisses sociales. Aux entreprises, il réitère son soutien, mais exige en retour le respect des obligations sociales et la correction des inégalités salariales entre nationaux et expatriés.

Pour finir, le chef de l’État ferme toute ambiguïté : «L’année 2026 n’est pas une année d’expérimentation». Elle est placée sous le signe des «trois P : Performance, Probité et Patriotisme». Un triptyque qui résume l’esprit d’une Vè République désormais sommée de produire des résultats, et de les assumer.