Pétrole en panne, manganèse en sursaut : l’extractif gabonais vacille | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |
Les industries extractives gabonaises, pilier de l’économie nationale, ont connu une période difficile au troisième trimestre 2025. Selon la dernière Note de conjoncture économique publiée par le ministère de l’Économie et des Participations, la production globale de ces activités s’est contractée de 1,2%, lestée par le recul des segments pétrolier et gazier. Sur les neuf premiers mois de l’année, cette baisse s’accentue à 3,0%, reflétant les défis structurels du secteur.
La production de manganèse a enregistré une hausse de 8,6% sur le 3e trimestre 2025. © Gabonreview
Au troisième trimestre 2025, les industries extractives gabonaises ont connu une période difficile. D’après les analyses relayées par la Note de conjoncture sectorielle du ministère de l’Économie et des Participations, les segments pétrolier et gazier ont particulièrement contribué à lester ces activités.
Le pétrole en net recul
Le segment pétrolier a été le plus touché, avec une diminution de la production de 4,3% au troisième trimestre 2025, due à des problèmes techniques et au vieillissement des champs matures. Sur neuf mois, le recul est plus modéré à -2,1%, mais il a contraint les opérateurs à revoir leurs prévisions à la baisse. Les arrêts imprévus sur les principaux champs matures, combinés à des pannes d’équipements, ont en effet plombé les volumes de production. Ce fléchissement indique la nécessité urgente d’investissements dans l’exploration et la maintenance.
Le manganèse en rebond trimestriel
Seul point positif, la production de manganèse a enregistré une hausse de 8,6% sur le trimestre, mesurée par son indice, grâce à un effet de rattrapage après des perturbations antérieures. Ces dernières incluaient des mouvements sociaux, des arrêts techniques pour maintenance et des difficultés logistiques pour l’acheminement vers le port d’Owendo, dans le Haut-Ogooué. Ce rattrapage est le fruit d’une meilleure coordination entre opérateurs et autorités, malgré les défis persistants, indique le rapport. Cependant, sur les neuf premiers mois, l’indice a reculé de 5,2%, pénalisé par des contraintes techniques, sociales et un fléchissement de la demande mondiale.
Le gaz naturel sous pression
La production de gaz naturel commercialisé s’est, quant à lui, repliée de 1,7% au troisième trimestre, en raison d’une contraction de la demande et de petits incidents techniques récurrents. Sur neuf mois, la baisse a atteint 5,4%, liée principalement à l’indisponibilité des équipements de surface. La récurrence de ces incidents mineurs, alliée à une demande atone, freine les ambitions d’exportation, relève la Note de conjoncture.
Au regard de la situation, ces dysfonctionnements appellent à une modernisation accélérée des infrastructures gazières. De même, ces chiffres mettent en lumière la vulnérabilité des activités extractives aux facteurs techniques et externes. Pour inverser la tendance, le Gabon devra accélérer la diversification et les investissements, comme le préconise le ministère de tutelle.
