“Procès spectacle” ou justice d’État ? Le refus de comparaître de Sylvia et Noureddin Bongo | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |

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À moins de trois semaines de leur procès prévu à Libreville, Sylvia Bongo Ondimba et son fils Noureddin Bongo Valentin annoncent qu’ils ne se rendront pas au Gabon. Dans un communiqué rendu public ce 22 octobre, leur avocat français, Pierre-Olivier Sur, dénonce un «procès spectacle» et accuse le régime de transition de manipulations politiques.

«On ne peut pas attendre de Sylvia et Noureddin qu’ils retournent sous la garde de leurs tortionnaires», dixit Pierre-Olivier Sur, avocat pénaliste, ancien bâtonnier de Paris et conseil de Sylvia et Nourredine Bongo. © GabonReview

 

C’est une nouvelle offensive dans la longue bataille judiciaire opposant la famille Bongo à l’État gabonais. Le communiqué signé par Pierre-Olivier Sur, avocat au barreau de Paris, est sans équivoque : «On ne peut pas attendre de Sylvia et Noureddin qu’ils retournent sous la garde de leurs tortionnaires à Libreville pour cet événement.» Pour la défense, la tenue du procès du 10 novembre 2025 ne relève plus du droit mais du symbole politique, instrumentalisé pour humilier l’ancienne Première dame et son fils.

Les avocats de la famille dénoncent un procès «populiste» et «contraire aux règles les plus fondamentales de la justice». Ils affirment que leurs clients, actuellement en liberté provisoire à Londres, n’ont reçu aucune convocation formelle et qu’ils auraient «appris par la presse» la date de leur comparution. Une situation que la défense juge «intenable», d’autant qu’une vidéo apparue en juillet montre un magistrat gabonais reconnaissant subir des pressions de «membres de la junte militaire».

Les griefs s’inscrivent dans un climat de tension persistant depuis le coup d’État d’août 2023. Sylvia et Noureddin, arrêtés puis détenus pendant vingt mois, affirment avoir été torturés, allant jusqu’à déposer plainte en France contre certains proches du président Brice Clotaire Oligui Nguema. Des accusations qui, jusqu’ici, n’ont donné lieu à aucune coopération judiciaire entre Paris et Libreville.

À travers ce refus de comparaître, la défense entend placer la justice gabonaise face à ses contradictions et internationaliser le dossier. Ce bras de fer, hautement symbolique, relance la question de l’indépendance des magistrats sous le régime de transition et met en exergue la fracture politique que le procès du 10 novembre devait justement tenter de refermer.