Scrutin du 11 octobre : Gondjout dénonce la “négation totale” de l’esprit du 30 août 2023 | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |
Le candidat de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) dans le Moyen-Ogooué accuse le camp adverse d’achat de consciences et de pratiques mystico-fétichistes. Il se réserve le droit d’introduire un recours en annulation des résultats du scrutin du 11 octobre.
Paul Marie Gondjout : on ne construit pas une ville avec des actes de corruption…© D.R.
Un jour après la proclamation des résultats des élections législatives du 11 octobre 2024, Paul Marie Gondjout, candidat malheureux de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) dans le Moyen-Ogooué, a rompu le silence dans une déclaration publique aux accents dramatiques. Le responsable politique dénonce ce qu’il qualifie de «négation totale» des valeurs démocratiques portées par la transition, et annonce envisager un recours en annulation du scrutin.
Dans une allocution à ses compatriotes Lambarénéens, Paul Marie Gondjout a dressé un réquisitoire sévère contre l’organisation du double scrutin. Si le candidat de l’UDB salue «l’organisation technique» assurée par le ministère de l’Intérieur, il affirme avec véhémence que «ce qui s’est passé à Lambaréné est la négation totale de ce qui a été courageusement bâti le 30 août 2023 par le CTRI, lors de la libération du Gabon».
L’homme politique établit un parallèle inquiétant avec l’ancien régime : «Les comportements observés nous rappellent les sombres moments des parodies d’élections, organisées par le régime déchu», déclare-t-il, en référence à l’ère PDG renversée lors du coup d’État d’août 2023.
Des accusations graves : achat de votes et cérémonies nocturnes
Paul Marie Gondjout liste une série d’irrégularités qu’il qualifie de «preuves accablantes». Parmi elles figurent «‘achat des consciences aux abords et à l’intérieur des centres et bureaux de vote», ainsi que la «distribution de bons d’achat alimentaires le jour du scrutin, pour
Plus troublant encore, le candidat de l’UDB évoque «des cérémonies nocturnes, où des communautés entières ont été contraintes de jurer fidélité, en échange d’un soutien financier ou matériel», ainsi que «des intimidations, des pressions, des menaces à peine voilées envers ceux qui ont osé croire au changement».
Ces pratiques, selon lui, traduisent «une volonté d’asservir les populations» et constituent «le contrepied absolu de la vision portée par le président de la République, S.E. Brice Clotaire Oligui Nguema».
Un appel à la dignité et au projet de société
Sur un registre plus émotionnel, Paul Marie Gondjout martèle : «Je refuse que nos jeunes grandissent en croyant que la politique est un marché. Je refuse que nos aînés soient réduits à des chiffres dans des fichiers de distribution. Je refuse que la pauvreté soit instrumentalisée pour garantir des sièges électoraux.»
Le candidat oppose à ces pratiques sa vision pour Lambaréné, articulée autour du «Projet Bâtissons l’édifice nouveau», structuré en six piliers. «On ne construit pas une ville avec des actes de corruption, tels que la distribution de bons alimentaires, le jour du vote. On construit une ville avec des idées, du travail, et du respect», affirme-t-il.
Un recours juridique en préparation
Face à ces dysfonctionnements allégués, Paul Marie Gondjout annonce la couleur : «Devant toutes ces irrégularités constatées et documentées, je me réserve le droit d’introduire un recours en annulation des résultats de l’élection législative, basé sur les dispositions pertinentes des articles 327 à 329 et l’article 362 du code électoral.»
Cette démarche juridique pourrait relancer les débats sur la sincérité du scrutin dans cette circonscription stratégique du Moyen-Ogooué. Le candidat de l’UDB insiste : «Lambaréné ne cédera pas.»
Ces accusations interviennent dans un contexte de sortie de transition politique sensible pour le Gabon. Le scrutin du 11 octobre était considéré comme l’étape finale pour la crédibilité démocratique du nouveau régime issu du CTRI. Les allégations de Paul Marie Gondjout, si elles devaient être étayées, pourraient ternir l’image d’un processus électoral présenté comme une rupture avec les pratiques du passé.
Reste à savoir si les autorités judiciaires donneront suite au recours annoncé, et si d’autres voix s’élèveront pour dénoncer des irrégularités similaires dans d’autres circonscriptions du pays. La page des législatives 2024 à Lambaréné n’est peut-être pas encore totalement tournée.
