Suspension des réseaux sociaux : le FDS dénonce «un recul grave et inadmissible des libertés publiques» | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |
Le Front démocratique socialiste (FDS) s’insurge contre la décision de la Haute autorité de la communication (HAC) de suspendre l’accès aux réseaux sociaux au Gabon. Le parti y voit une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression et appelle les autorités à revenir sans délai sur la mesure.
Me Anges Kevin Nzigou, président du FDS. © D.R.
Les réactions politiques ne se sont pas fait attendre. Au lendemain de la décision de la HAC de suspendre l’accès aux réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire national, le Front démocratique socialiste (FDS) a publié un communiqué dans lequel il «exprime sa plus vive indignation et sa ferme opposition» à cette décision.
Pour le président du parti, Me Anges Kevin Nzigou, la justification sécuritaire avancée par les autorités ne saurait légitimer une restriction globale des communications numériques. Selon le lui, «sous couvert de préserver l’ordre public et l’unité nationale, cette décision constitue une atteinte grave et disproportionnée à la liberté d’expression».
La liberté d’expression au cœur de l’argumentaire
Le parti inscrit en effet sa critique sur le terrain constitutionnel et démocratique. Il rappelle que «la liberté d’expression — y compris la liberté de commenter, de critiquer et de débattre — est l’un des fondements essentiels de toute société démocratique».
Pour Me Nzigou, la suspension générale ne viserait pas seulement les auteurs de contenus problématiques, mais l’ensemble de la population : «Restreindre l’accès aux réseaux sociaux revient à priver les citoyens d’un espace majeur d’information, d’échange et de participation à la vie publique».
Le FDS estime ainsi que la mesure constitue une sanction collective, «pénalisant l’ensemble de la population pour des dérives supposées imputables à certains».
Une mise en garde politique
Au-delà de la critique immédiate, le communiqué adopte un ton d’alerte institutionnelle. Le parti considère que la censure numérique fragilise l’État de droit : «Aucune démocratie ne se renforce par la censure ou la restriction collective des libertés numériques».
Il ajoute que «la stabilité durable d’une nation ne saurait reposer sur la limitation des libertés publiques, mais sur la confiance entre les citoyens et les institutions» , estimant que la suspension crée «un précédent dangereux».
Les demandes adressées aux autorités
En conclusion, le Front démocratique socialiste formule trois exigences principales : la levée immédiate de la suspension, le respect des libertés fondamentales garanties par la Constitution et le recours au dialogue plutôt qu’à des restrictions générales .
Le parti appelle ainsi les autorités à privilégier «le dialogue et les mécanismes juridiques proportionnés plutôt que des mesures générales de restriction».
En réaffirmant rester «attaché à un Gabon libre, démocratique et respectueux des droits fondamentaux de tous ses citoyens» , le FDS inscrit clairement la controverse sur le terrain des libertés publiques, ouvrant un nouveau front politique autour de la régulation de l’espace numérique dans le pays.
