Suspension des taxes et TVA : une mesure bienvenue mais insuffisante, selon Ntoutoume Ayi | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |
Le gouvernement gabonais, réaffirmant son engagement à préserver le pouvoir d’achat des populations les plus fragiles, a annoncé, le 15 février, une suspension provisoire de plusieurs prélèvements fiscaux, dont la TVA, sur des produits de première nécessité et certains matériaux de construction. Cette mesure d’une durée de six mois vise à soulager immédiatement les ménages face à la vie chère. Sauf que le député Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, ancien directeur général de la Dette, bien qu’accueillant favorablement cette initiative, a souligné ses limites structurelles.
L’ancien directeur général de la Dette et député d’Akanda, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi. © Facebook/JGNA2018
Le gouvernement gabonais a suspendu les droits de douane et certaines taxes sur des produits essentiels, tels que le riz, la farine, le lait et les huiles. Une décision du président Oligui Nguema visant à réduire les prix à la consommation et à soulager les ménages. Cette décision récente s’inscrit dans un effort contre la vie chère, avec une application limitée à six mois pour les opérateurs agréés. Et Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, ancien directeur général de la Dette et député d’Akanda, a accueilli favorablement cette initiative tout en soulignant ses limites structurelles.
«Depuis 1985, il subsiste une grave erreur d’analyse concernant le pouvoir d’achat des ménages et le coût de la vie», a-t-il fait savoir via sa plateforme Facebook. Il a de ce fait critiqué les approches traditionnelles des gouvernements successifs. Pour lui, privilégier le blocage des prix et des salaires, comme les exonérations fiscales, n’offre qu’un répit illusoire sur le moyen et long terme.
Pour une réorientation profonde vers les revenus plutôt que les prix
L’élu d’Akanda pointe du doigt l’inefficacité de ces mesures généralistes face aux réalités internationales. «Même si les produits importés étaient exonérés de toute taxe, l’inflation sur les marchés internationaux ne pourra jamais être contenue ou niée. Les prix du lait, de la farine ou du riz ne dépendent pas que du cordon douanier, mais aussi de la conjoncture internationale. Ce sont des facteurs exogènes sur lesquels nous n’avons aucune prise», a-t-il expliqué. De même, les subventions sur les carburants ou les exonérations profitent indistinctement à toutes les couches sociales, au prix fort pour les finances publiques.
Dans ce contexte, Ntoutoume Ayi plaide pour une réorientation profonde vers les revenus plutôt que les prix. Il a insisté sur la nécessité d’indexer les salaires sur l’inflation et de cibler les aides. «Il faut permettre aux salaires d’évoluer à minima au rythme de l’inflation et faire le choix d’allocations spécifiques et directes pour les plus démunies», a-t-il affirmé, regrettant que les mesures actuelles, bien que nécessaires, aggravent la situation des ménages sans traiter les causes profondes.
Ces annonces relancent quoi qu’il en soit le débat sur une réelle amélioration du pouvoir d’achat ou sur la lutte palliative contre la vie chère. Tandis que la suspension des taxes apporte un soulagement temporaire, les propos de Ntoutoume Ayi appellent à des réformes pour un impact durable sur les plus vulnérables.
