Transgabonais : premier audit depuis 15 ans, l’État veut reprendre le contrôle de « l’épine dorsale » de l’économie | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |

Transgabonais : premier audit depuis 15 ans, l'État veut reprendre le contrôle de « l'épine dorsale » de l'économie | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |

 

Face aux incidents récurrents et aux défis logistiques croissants, l’Autorité de régulation des transports ferroviaires (ARTF) a pris connaissance, ce 10 février 2026, des éléments du rapport d’étape de l’audit quinquennal du Transgabonais, infrastructure représentant près de 50 % du PIB national. Si les conclusions définitives sont attendues dans trois mois, ce point intermédiaire dessine un exercice stratégique : établir un diagnostic sans complaisance pour garantir la pérennité d’un actif vital concédé à la SETRAG, filiale d’Eramet.

L’ARTF a accueilli, ce 10 février 2026, la présentation du rapport d’étape de l’audit quinquennal de la Transgabonaise couvrant la période 2012-2025. © GabonReview

 

L’Autorité de régulation des transports ferroviaires (ARTF) a accueilli, ce 10 février 2026, la présentation du rapport d’étape de l’audit quinquennal de la Transgabonaise couvrant la période 2012-2025. Entre diagnostic technique rigoureux et volonté de modernisation, cet exercice de transparence, mené par le cabinet H2C Gabon, vise à garantir la pérennité d’une infrastructure représentant près de 50 % du PIB national. Les premiers jalons posés laissent entrevoir une trajectoire de fiabilisation pour ce moteur essentiel du développement national.

Face aux incidents récurrents et aux défis logistiques qui ont marqué ces dernières années, l’ARTF a jugé impératif de diligenter un audit approfondi du chemin de fer. Pour le Dr Adrien Moukabi, secrétaire exécutif de l’ARTF, l’enjeu dépasse la simple évaluation technique. «Le chemin de fer est l’épine dorsale de notre économie. Qu’il s’agisse du transport de nos ressources minières ou de la mobilité de nos concitoyens, le Transgabonais est un actif stratégique national», a-t-il déclaré.

L’objectif affiché par le régulateur est d’établir un état des lieux exhaustif pour orienter les décisions futures de l’État. Cet audit régalien doit aboutir à des recommandations qui seront «rigoureusement appliquées et méthodologiquement inattaquables».

Une infrastructure vitale au cœur de l’économie

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Landry Nzengui, directeur technique et sécurité ferroviaire de l’ARTF, a rappelé la portée économique de l’infrastructure, notant que le chemin de fer «englobe à peu près 50 % du PIB national». Selon lui, il était primordial pour l’État de savoir «comment son chemin de fer, qu’il a concédé à la société SETRAG, filiale du groupe Eramet, se porte».

L’exercice concerne «l’ensemble des parties prenantes : l’État, la SETRAG, les usagers du rail ainsi que les partenaires techniques», a précisé le Dr Moukabi, assurant qu’il s’agit d’un «outil stratégique de suivi et d’évaluation, indispensable pour apprécier les progrès accomplis, identifier les insuffisances persistantes et orienter de façon éclairée les actions collectives à entreprendre».

Quinze ans d’absence, une collaboration affichée

Le cabinet H2C Gabon, chargé de cette mission délicate, a présenté un point d’étape rassurant sur la méthode, malgré l’ampleur de la tâche. «L’audit dure 6 mois. Il faut savoir simplement une chose, c’est qu’il n’y a pas eu d’audit depuis 15 ans», a révélé Hugues de Courrèges d’Ustou, représentant du cabinet. Ce dernier a salué la «collaboration active de tous les acteurs», notamment celle de la SETRAG et de l’ARTF sur le terrain.

Si les volets juridique, financier et comptable progressent conformément aux attentes, la partie technique connaît un «léger décalage dans le planning» en raison de l’indisponibilité de certains matériels de contrôle de la voie, actuellement en réparation. Malgré ces contraintes, Hugues de Courrèges d’Ustou se veut rassurant : «Ça se passe très bien, nous avons un concessionnaire qui collabore pleinement avec les équipes. C’est un rapport qui n’est pas conclusif, c’est un rapport d’étape qui permet de situer où en est l’audit».

Le secrétaire exécutif de l’ARTF a prévenu : «L’État gabonais, à travers l’ARTF, veillera à ce que les recommandations qui découleront du rapport final soient rigoureusement appliquées et méthodologiquement inattaquables.»

Les conclusions définitives, attendues dans trois mois, devront aiguiller l’ARTF ainsi que le gouvernement gabonais dans ses décisions futures en termes de gestion de la concession du Transgabonais. Entre diagnostic technique et enjeux économiques, le Gabon attend un rapport final susceptible de redéfinir l’avenir de son infrastructure ferroviaire.