UNOCA : un Gabonais aux commandes de l’Afrique centrale | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |
La fin du mandat d’Abdou Abarry à la tête de l’UNOCA ouvre une période de transition à Libreville. Le Secrétaire général des Nations Unies a confié l’intérim à Parfait Onanga-Anyanga, diplomate gabonais au profil singulier, déjà en poste auprès de l’Union africaine. Une nomination qui dit autant sur les équilibres diplomatiques régionaux que sur les défis sécuritaires persistants en Afrique centrale.
Parfait Onanga-Anyanga, Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU auprès de l’Union africaine et Chef de l’UNOAU, a été désigné Administrateur par intérim du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (UNOCA). © D.R.
Parfait Onanga-Anyanga, Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU auprès de l’Union africaine et Chef de l’UNOAU, a été désigné Administrateur par intérim du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (UNOCA), dont le siège est établi à Libreville. L’annonce a été faite via le compte officiel X de l’organisation, @UNOCA_NEWS.
Cette nomination fait suite à la fin du mandat d’Abdou Abarry, qui dirigeait l’UNOCA depuis plusieurs années, orientant les efforts de l’institution vers la consolidation de la paix et de la sécurité dans les onze pays de sa zone de compétence les six États membres de la CEMAC auxquels s’ajoutent le Rwanda, le Burundi, São Tomé-et-Príncipe, ainsi que la République démocratique du Congo.
Le profil d’Onanga-Anyanga n’est pas celui d’un inconnu de la scène onusienne. Diplomate gabonais aguerri, il a dirigé la MINUSCA en République centrafricaine entre 2015 et 2019, exercé les fonctions d’Envoyé spécial pour la Corne de l’Afrique et occupé le poste de Directeur de cabinet de la Vice-Secrétaire générale de l’ONU. Sa double responsabilité UNOAU-UNOCA est présentée comme un levier de coordination renforcée entre le système onusien et l’Union africaine face aux crises qui traversent la sous-région.
L’UNOCA hérite en effet d’un agenda sécuritaire lourd : instabilité persistante en RCA, menaces jihadistes liées à Boko Haram dans le bassin du lac Tchad, tensions intercommunautaires et fragilités institutionnelles dans plusieurs États membres. La transition intervient par ailleurs dans un contexte politique régional marqué par plusieurs transitions post-coups d’État, dont celle du Gabon lui-même.
La nomination d’un ressortissant gabonais à la tête même provisoire d’un bureau dont Libreville est le siège revêt une portée symbolique que les observateurs de la diplomatie multilatérale africaine ne manqueront pas de relever.
