Vœux 2026 : le Sénat se positionne comme gardien de la décentralisation et réclame des résultats concrets | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |

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Lors de la cérémonie de présentation des vœux du Nouvel An 2026 au président de la République, la présidente du Sénat, Huguette Yvonne Awori Onanga, s’exprimant au nom des sénateurs de la 6ème législature, a réaffirmé l’engagement de la Chambre haute à accompagner la construction de la «5ème République» tout en rappelant les attentes pressantes des populations. Entre mise en œuvre de la décentralisation, exigence de résultats mesurables et positionnement institutionnel, le Sénat définit sa feuille de route pour l’année qui s’ouvre, dans un contexte où la transition politique cède la place aux défis concrets de gouvernance et de développement.

La présidente du Sénat, Huguette Yvonne Awori Onanga, s’exprimant au nom des sénateurs de la 6ème législature, a réaffirmé l’engagement de la Chambre haute à accompagner la construction de la «5ème République». © Communication présidentielle

 

Le Sénat gabonais a marqué la cérémonie de présentation des vœux du Nouvel An 2026 en se positionnant comme un acteur institutionnel déterminé à jouer pleinement son rôle constitutionnel dans la construction de la «5ème République». S’exprimant devant le président Brice Clotaire Oligui Nguema et la Première Dame, la présidente du Sénat, Huguette Yvonne Awori Onanga a articulé son discours autour de plusieurs axes dont : l’accompagnement des réformes institutionnelles, la mise en œuvre effective de la décentralisation et la nécessité de répondre aux attentes concrètes des populations. «Les Sénateurs de la 6ème législature vous réaffirment leur engagement et leur entière disponibilité à accompagner les réformes institutionnelles à venir, à légiférer dans l’intérêt du peuple gabonais, notamment et tout spécialement en ce qui concerne la mise en œuvre de la politique de Décentralisation et à veiller à la stabilité et au bon fonctionnement de la Démocratie», a-t-elle déclaré, fixant ainsi le cadre de l’action parlementaire pour l’année à venir.

La décentralisation occupe une place centrale dans le message du Sénat. Après des décennies d’attente, le processus est entré dans sa phase concrète avec l’ordonnance n° 006/PR/2025 du 27 janvier 2025 portant programmation du transfert des compétences et des moyens de l’État aux collectivités locales. Pour Huguette Yvonne Awori Onanga, cette réforme traduit «la volonté du gouvernement à donner une réalité concrète au processus de décentralisation, en permettant aux collectivités d’exercer pleinement les missions de service public qui leur sont confiées, de rapprocher l’action publique des citoyens et in fine de responsabiliser les acteurs locaux dans la gestion des affaires publiques». Le Sénat, qui «conformément aux dispositions de l’article 76 de la Constitution assure la représentation des collectivités locales», entend jouer « pleinement sa partition en étant l’interface naturelle entre le pouvoir central et les collectivités locales». Ce positionnement marque la volonté de la Chambre haute de s’imposer comme l’institution pivot du processus de décentralisation, un rôle constitutionnel longtemps resté théorique.

Au-delà des engagements institutionnels, le discours du Sénat intègre une dimension pragmatique en rappelant «les multiples et pressantes attentes des populations». La présidente du Sénat a cité les propos tenus par le président de la République lors du Conseil des ministres du 5 janvier 2026 : «Le peuple gabonais attend désormais de ses gouvernants des résultats visibles, mesurables et durables.» Cette exigence de résultats concrets s’inscrit dans la perspective de mise en œuvre du Programme National de Croissance et de Développement (PNCD), dont l’objectif est «l’amélioration significative des conditions sociales des populations ». Le Sénat assure ainsi son «entière disponibilité à accompagner toutes les actions et initiatives qui contribueront au développement du pays», se positionnant comme un partenaire actif de l’exécutif dans la concrétisation des politiques publiques.

Les vœux formulés pour l’année 2026 reflètent les priorités et les défis qui attendent le pays. «Nous formulons le vœu que l’an 2026 soit l’année de la consolidation des acquis, de la paix durable et du progrès partagé», a conclu Huguette Yvonne Awori Onanga. Cette formulation met l’accent sur trois dimensions : la stabilisation institutionnelle après la transition, le maintien de la cohésion sociale et la nécessité d’une croissance inclusive. Reste désormais à vérifier si ces engagements se traduiront par des actes législatifs concrets, notamment en matière de décentralisation, et si le Sénat parviendra à s’imposer comme un véritable contre-pouvoir constructif dans le nouvel équilibre institutionnel de la «5ème République».

L’année 2026 sera à cet égard un test décisif pour mesurer la capacité du Sénat à transformer ses promesses en réalisations tangibles au service des populations gabonaises.